Le plan national “Emploi futur” entend adapter ses quinze mesures aux réalités des territoires, avec une attention particulière portée aux jeunes les plus exposés aux ruptures de parcours. Dans le dossier de presse, les outre-mer apparaissent comme des territoires où l’accompagnement doit être renforcé, notamment pour prévenir le décrochage, rapprocher les jeunes de l’entreprise et améliorer l’accès aux dispositifs publics d’insertion.
Le gouvernement présente ce plan comme une réponse au paradoxe français de l’emploi des jeunes. Malgré un niveau élevé de diplômés du supérieur, la France compte encore 1,4 million de jeunes de 15 à 29 ans “sans emploi, sans formation et sans études”. Le chômage des 15-24 ans atteint 21,5 % en 2025, en hausse de 3,9 points depuis 2023.
Pour les territoires ultramarins, l’un des enjeux majeurs réside dans la déclinaison territoriale du plan. Les mesures ont vocation à être mises en œuvre au niveau national, mais aussi adaptées “en cohérence avec les caractéristiques des jeunes et les enjeux de chaque territoire”. Cette précision concerne directement les outre-mer, où les difficultés d’accès à l’emploi, de mobilité, de formation et d’accompagnement peuvent nécessiter des réponses plus ciblées.
Le troisième axe du plan vise précisément à “prévenir les ruptures de parcours” et à engager les jeunes dans des accompagnements individualisés et intensifs. Le dossier souligne que les réponses existantes peuvent être renforcées par une meilleure coopération des acteurs, “en particulier au service des jeunes les plus fragiles, et dans des territoires spécifiques tels que les quartiers politique de la ville ou les territoires ultra-marins”.
Cette orientation concerne notamment les jeunes sortis du système scolaire, les jeunes sans solution à la fin d’un parcours de formation, ou encore ceux qui rencontrent des freins liés à la mobilité, au logement, à la santé ou à leur situation sociale. Le plan prévoit de mieux mobiliser les dispositifs existants comme l’EPIDE, les Écoles de la 2e Chance et les écoles de production, afin de proposer des parcours plus intensifs aux jeunes les plus fragiles.
Le rapprochement avec l’entreprise est aussi au cœur de la stratégie. Le plan prévoit de généraliser les immersions en entreprise dans les dispositifs d’accompagnement des jeunes, comme le contrat d’engagement jeune, le PACEA ou l’accompagnement intensif jeune. Cette approche peut répondre à un enjeu important dans les outre-mer, où la connaissance des métiers, l’accès aux réseaux professionnels et la découverte concrète des filières locales restent déterminants pour l’insertion.
La Réunion est directement citée dans le dossier à propos de la future application “1jeuneDesSolutions”. Pour concevoir cette nouvelle version de la plateforme 1jeune1solution, le gouvernement a organisé des ateliers dans quatre régions, dont “La Réunion”, aux côtés de l’Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et les Hauts-de-France. Près de 400 jeunes et 50 accompagnateurs ont participé à cette consultation nationale.
Ces ateliers ont associé des jeunes issus du contrat d’engagement jeune, des missions locales, de l’apprentissage, des EPIDE, des Écoles de la deuxième chance, des lycées professionnels, du mentorat, du service militaire adapté et de parcours de redynamisation. La présence du service militaire adapté dans les profils consultés renvoie à un dispositif particulièrement connu dans les territoires ultramarins, même si le dossier ne détaille pas ici de mesure spécifique par territoire.
Les propositions issues de ces consultations doivent nourrir la future application. Les jeunes ont notamment demandé un accès centralisé aux services numériques de l’État, des offres d’emploi vérifiées, des alertes ciblées, davantage de partenariats avec les plateformes d’emploi, un conseiller virtuel disponible en continu et un tableau de bord permettant de postuler, rédiger des lettres de motivation et suivre ses candidatures.
Pour les outre-mer, l’enjeu est donc double. D’un côté, le plan “Emploi futur” promet une adaptation territoriale des mesures nationales. De l’autre, La Réunion a été associée à la conception de l’un des outils numériques appelés à devenir centraux dans l’accès des jeunes à l’information, aux offres et aux dispositifs d’accompagnement. Le dossier ne présente pas de programme ultramarin autonome, mais il fait des territoires ultra-marins l’un des publics territoriaux à prendre en compte dans la prévention des ruptures de parcours.
Memento

0 COMMENTAIRE(S)