La CPME Réunion a exprimé ses inquiétudes face à la hausse des carburants et au contexte géopolitique international lors d’une réunion du Comité départemental d’accompagnement et de soutien des entreprises (CDAED) organisée le mercredi 6 mai en préfecture, en présence du préfet de La Réunion et de représentants de la Région Réunion. L’organisation patronale réagit à l’annonce des nouveaux tarifs des carburants pour le mois de mai 2026 ainsi qu’aux tensions internationales liées au conflit impliquant l’Iran, qu’elle estime susceptibles d’aggraver la situation économique des entreprises réunionnaises.
Le président de la CPME Réunion, Pascal Plante, a adressé un message de soutien aux dirigeants d’entreprises confrontés à l’augmentation des coûts énergétiques. « Les TPE-PME et ETI réunionnaises sont le cœur battant de notre tissu économique et sans un accompagnement plus vigoureux, la crise énergétique pourrait se transformer en crise économique durable », indique Pascal Plante.
La CPME Réunion appelle les entreprises à mobiliser l’ensemble des dispositifs d’aide actuellement disponibles, tout en estimant que les mécanismes existants restent insuffisants et parfois trop complexes d’accès. L’organisation critique notamment le fonctionnement actuel du dispositif de "guichet", qu’elle juge excluant pour certaines entreprises industrielles et de services.
Au-delà des mesures d’urgence, la CPME Réunion propose la création d’un Plan de Résilience Économique (PRE) destiné à structurer la gestion des crises économiques dans les territoires ultramarins. S’appuyant sur la « Boussole stratégique de la France océanique », ce plan intégrerait un dispositif de type « ORSEC Eco » afin de permettre une réponse plus rapide et territorialisée en cas de crise.
Le projet prévoit notamment la mise en place de mécanismes automatiques de soutien aux entreprises avec des moratoires fiscaux et sociaux sans pénalités, la création d’une banque de relance territoriale pilotée par Bpifrance pour soutenir les besoins de trésorerie des entreprises stratégiques ainsi qu’un diagnostic rapide de vulnérabilité économique afin d’orienter les entreprises vers des solutions adaptées. La CPME Réunion propose également la création d’un fonds de compensation alimenté par les grands acteurs économiques et les assurances afin de mutualiser les efforts de relance après les crises.
Selon l’organisation patronale, la préfecture de La Réunion s’est engagée à organiser prochainement une réunion avec les partenaires économiques afin d’examiner ces propositions. Un travail commun doit également être engagé au sein du SOCLE, regroupant notamment l’ADIR, la CPME, la FRBTP, le MEDEF, l’UMIH et la SICR.
Parallèlement, la CPME Réunion appelle les donneurs d’ordre publics et privés à respecter les délais de paiement et à appliquer les clauses de révision des prix prévues dans les marchés publics. L’organisation rappelle qu’une circulaire gouvernementale du 24 avril dernier a demandé la prise en compte du contexte actuel de hausse des matières premières dans l’exécution des contrats publics. La CPME Réunion indique qu’elle adressera un courrier aux acteurs de la commande publique sur cette question et rappelle que 25 % des défaillances d’entreprises seraient liées aux retards de paiement.
« Nous ne pouvons plus nous contenter de pansements. La France Océanique a besoin d’un cap clair et d’une boussole pour naviguer dans l’incertitude », estime Pascal Plante. La CPME Réunion appelle enfin l’État à intégrer ce Plan de Résilience Économique dans une future loi d’orientation pour les Outre-mer afin de mettre en place une stratégie durable de continuité économique pour les territoires ultramarins. « L’heure est une nouvelle fois à la solidarité pour accompagner nos entreprises et préserver nos emplois. L’heure n’est plus à la réflexion mais à l’action », conclut Pascal Plante, président de la CPME Réunion.
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