Les acteurs de l’aménagement du territoire se sont réunis le 10 février à l’initiative de la Région Réunion, sous la co-présidence du préfet et de la présidente du Conseil régional Huguette Bello, afin de lancer la gouvernance régionale de l’aménagement. Cette nouvelle instance vise à partager les connaissances, coordonner les opérations et optimiser les financements liés aux projets d’aménagement du territoire.
Les échanges entre les participants ont porté sur la nécessité de mieux appréhender les enjeux liés à l’aménagement et à la construction de logements. La démarche s’inscrit dans un contexte marqué par plusieurs défis structurels et conjoncturels, notamment la crise de la production de logements, la tension foncière, les coûts d’aménagement, les objectifs de réduction de l’artificialisation des sols, l’adaptation au changement climatique, les besoins en équipements publics ainsi que les enjeux d’attractivité et de développement économique. Ces problématiques sont intégrées à la révision en cours du schéma d’aménagement régional.
Dans le cadre du Plan logement Outre-mer, la Région, cheffe de file de l’aménagement du territoire, s’est engagée à mettre en place une gouvernance associant l’ensemble des parties prenantes de l’aménagement opérationnel. La Commission régionale Aménagement, co-présidée par la Région et l’État et adossée aux instances du Fonds régional d’aménagement foncier et urbain (Frafu), rassemble les établissements publics de coopération intercommunale, le Département, l’Association des maires de La Réunion, ainsi que l’Établissement public foncier de La Réunion, l’Agence d’urbanisme de La Réunion, l’Armos et les aménageurs publics.
Le périmètre d’action de cette gouvernance concerne les opérations d’aménagement liées à l’habitat, aux équipements et aux activités économiques, le renouvellement urbain et le recyclage foncier, ainsi que les thématiques transversales telles que les mobilités, le foncier, l’environnement, les risques naturels, les modèles économiques et les procédures administratives. Les membres de la commission ont notamment pour objectif de partager les informations sur les opérations en cours via une base de données commune, d’échanger sur les bonnes pratiques, d’optimiser les dispositifs de financement, d’accélérer la réalisation de projets d’aménagement, en particulier ceux liés au logement social, et d’identifier les obstacles réglementaires ou financiers.
Lors de cette réunion, deux dispositifs ont également été présentés. Concernant le logement social, la Région a annoncé la mobilisation d’un fonds de soutien exceptionnel de 4 millions d’euros destiné à compléter le Frafu pour les opérations ne parvenant pas à atteindre l’équilibre financier. Ce dispositif vise à accélérer la réalisation de 700 à 800 logements répartis sur 7 à 8 opérations, avec des travaux devant débuter au plus tard à la mi-2027. Le territoire est confronté à des besoins estimés à 170 000 logements d’ici 2050, dont 30 000 nécessaires immédiatement pour répondre à la demande actuelle, ainsi qu’à l’aménagement d’environ 1 000 hectares d’espaces économiques. Quinze opérations représentant 1 600 logements sont actuellement compromises en raison d’un déficit cumulé estimé à 10 millions d’euros.
La Région a également annoncé son soutien au label « GIEP Aménagement et renouvellement urbain », consacré à la gestion intégrée des eaux pluviales. Cette démarche vise à favoriser l’infiltration de l’eau sur place plutôt que son évacuation par des réseaux, dans le but d’améliorer la résilience face aux phénomènes climatiques, de préserver la biodiversité et de réduire les coûts d’aménagement. La Région prévoit de financer 80 % du montant hors taxes des frais de labellisation, dans la limite de 10 000 euros par opération.
Selon Huguette Bello, « L’aménagement est essentiel pour offrir un toit à toutes les Réunionnaises et tous les Réunionnais. Il est indispensable pour construire l’avenir du territoire : des logements, des écoles, des espaces de loisirs, tout en préservant nos terres agricoles. Ces sujets sont complexes et parfois sensibles. » Elle ajoute : « C’est pourquoi il est fondamental de travailler ensemble, de se parler et de coordonner nos actions pour avancer collectivement. » Le préfet a, de son côté, salué la mise en place de cette instance et assuré de l’implication des services de l’État.
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