La sélection régionale du concours de la meilleure baguette a rendu son verdict au centre de formation de Sainte-Clotilde. Neuf candidats professionnels étaient en lice pour tenter de décrocher leur qualification à la finale nationale. À l’issue des délibérations, c’est Jean-Moise Lauret, de la Boulangerie des Terrasses à Saint-Joseph, qui a été désigné pour représenter La Réunion.
Cette sélection a, une nouvelle fois, permis de mettre en valeur le savoir-faire des boulangers réunionnais et l’importance d’une profession qui demeure l’un des piliers de l’artisanat local. Devant les candidats et les membres du jury, Norbert Tacoun, président de la Fédération réunionnaise des artisans boulangers-pâtissiers, a rappelé l’enjeu de cette compétition. « Le gagnant de ce jour représentera la région Réunion au concours national du 14 mai à Paris. C’est le challenge », a-t-il déclaré, soulignant également que « quand La Réunion est présente à Paris, la Réunion n’est pas ridicule grâce à vous, messieurs ». Le président a insisté sur l’exigence d’une telle épreuve, rappelant que participer à ce type de concours demande « de l’entraînement » et un véritable esprit de compétition. Il a aussi établi un parallèle avec le concours parisien de la meilleure baguette, dont le lauréat fournit ensuite l’Élysée pendant un an, preuve du prestige attaché à ce métier et à cette spécialité emblématique de la boulangerie française. Au-delà de la performance individuelle, Norbert Tacoun a tenu à replacer cette victoire dans un contexte plus large. « Aujourd’hui, on doit travailler sur des produits de qualité », a-t-il insisté, évoquant aussi la rude concurrence qui pèse sur la boulangerie artisanale. Pour lui, la profession doit continuer à défendre son identité, entre exigence économique, transmission du savoir-faire et maintien d’une qualité irréprochable. Il a également rappelé le poids du secteur dans l’économie locale. Selon ses propos, la boulangerie-pâtisserie représente à La Réunion environ 450 entreprises et près de 2 800 salariés. À cela s’ajoutent plus de 450 personnes en formation ou en apprentissage chaque année, jeunes et adultes confondus. « On a quand même un poids au niveau de l’embauche non négligeable », a-t-il souligné.
Dans son intervention, Norbert Tacoun a aussi défendu le rôle social de la boulangerie artisanale, qu’il considère comme un commerce de proximité essentiel. « On a quand même notre rôle de lien social. Et puis il faut arrêter de nous banaliser », a-t-il lancé, estimant que ces métiers participent pleinement à l’équilibre du territoire et à la vie quotidienne des Réunionnais. Avec cette qualification, Jean-Moise Lauret portera donc les couleurs de La Réunion à Paris, avec l’espoir de faire rayonner, une fois encore, l’excellence artisanale réunionnaise sur la scène nationale.
Memento

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