Une nouvelle opération de sécurité baptisée "Kingia" ("Protéger" en shimaoré) a été lancée cette semaine à Mayotte pour provoquer "un choc de sécurité pendant deux mois", a annoncé le préfet de l'île française de l'océan Indien, François-Xavier Bieuville, à l'issue d'une réunion de présentation aux élus mahorais.
"L'objectif, c'est d'avoir un choc de sécurité pendant deux mois pour bénéficier, à la suite de ce choc de sécurité, des effets durables dans le temps", a déclaré M. Bieuville à l'issue d'une réunion de présentation de l'opération aux élus mahorais. Annoncée mardi par la préfecture du 101e département français, l'opération s'articule autour de la lutte contre la délinquance, l'économie informelle et l'habitat insalubre.
L'opération prévoit une dizaine de "décasages" (destruction de logements insalubres), 80 opérations anti-fraude et 70 interpellations de chefs de bandes. Selon le préfet, 23 personnes "à l'origine d'exactions en groupe organisé" ont déjà été arrêtées.
Un escadron de gendarmerie et 60 policiers venus de l'Hexagone ont été déployés pour ces missions.
Kingia succède à deux opérations similaires : "Place nette" en 2024, qui avait conduit à 100 interpellations de "chefs de bandes" pour 60 prévues selon les autorités, et "Wuambushu" contre l'immigration illégale, l'insécurité et l'habitat insalubre en 2023, qui avait été marqué par le déploiement à Mayotte de centaines de policiers, pour des résultats mitigés.
M. Bieuville a cité une "baisse substantielle de la délinquance générale de 6% à l'issue de l'opération Place nette" pour justifier l'intérêt de ces "chocs de sécurité" réguliers.
Département de l'océan Indien revendiqué par les Comores, Mayotte compte environ 329.000 habitants selon l'Insee, dont près de la moitié ne possède pas la nationalité française. La plupart sont arrivés clandestinement depuis l'île comorienne d'Anjouan, distante de moins de 70 km.
Le département est aussi marqué par une insécurité chronique. En 2025, Mayotte enregistrait 8,3 violences physiques hors cadre familial pour 1.000 habitants, contre 3,2 en France, et 1,7 vol avec armes pour 1.000 habitants, contre 0,1 à l'échelle nationale, selon le ministère de l'Intérieur.

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