Le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, a annoncé lundi le remplacement de ses ministres de la Santé et de la Jeunesse et des Sports, sur fond de tensions dans leurs domaines de compétences, mais aussi chez les indépendantistes polynésiens.
Le Dr Raihei Ansquer, médecin urgentiste et collaboratrice de son prédécesseur, remplace le ministre démissionnaire de la Santé, Cédric Mercadal. Ce dernier portait la réforme du RNS (Régime des Non-Salariés), largement rejetée par les élus, le patronat et les syndicats. L'esprit de ce texte est d'augmenter la contribution des auto-entrepreneurs et des loueurs de biens à la sécurité sociale locale.
Vanina Pommier, elle, remplace Kainuu Temauri, nommé dix mois plus tôt au ministère de la Jeunesse et des Sports, dont elle faisait partie de l'équipe. Kainuu Temauri avait surpris les sportifs polynésiens, fin mai, en annonçant que la collectivité renonçait à construire de nouveaux bassins de natation, comme initialement prévu pour les Jeux du Pacifique de juillet 2027.
La nouvelle ministre a confirmé que ces Jeux auraient bien lieu en Polynésie française, mais avec une simple rénovation de la piscine de Papeete, qui n'est pas aux normes. Moetai Brotherson a cependant assuré que les départs de Cédric Mercadal et Kainuu Temauri étaient liés à des "motifs personnels". Par ailleurs, le président polynésien n'a plus de majorité depuis la scission, le 8 avril, des indépendantistes en deux groupes distincts à l'Assemblée locale.
L'un, nommé A Fano Ti'a (Gardons le cap, en tahitien), est mené par la jeune garde des indépendantistes modérés, qui soutient M. Brotherson. L'autre est composé des élus plus radicaux du Tavini, le parti d'Oscar Temaru, qui est également le beau-père de Moetai Brotherson. Ce parti, dont M. Brotherson est toujours membre, a réagi par communiqué à ce sixième remaniement depuis 2023 en demandant son départ: "Arrivé à trois années d'exercice solitaire du pouvoir, les effets de communication ne suffisent plus à masquer l'incurie de l'actuel président du Pays (...) Il est temps d'en changer".
Le président polynésien s'est au contraire félicité d'une "première historique pour un gouvernement polynésien": c'est le premier à être paritaire, avec cinq hommes et cinq femmes.

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