Aux Comores, des élections législatives favorables au parti présidentiel

Les Comoriens ont voté dimanche pour élire leurs députés, un scrutin qui devrait être favorable au camp présidentiel puisqu'une grande partie de l'opposition a boudé ce rendez-vous, marqué par des retards d'ouverture de bureaux.   

L'opposition, redoutant que le scrutin ne soit pas assez transparent, avait décidé de ne pas participer. Mais quelques candidats n'ont pas suivi ce mot d'ordre et se sont présentés pour ne pas renouveler le boycott des législatives de 2020 qui avait laissé le champ libre au parti présidentiel, la Convention pour le Renouveau des Comores. Sous la bruine, le président Azali Assoumani, 65 ans, a voté dans sa ville natale de Mitsoudje, à 15 kilomètres de la capitale Moroni: "Je remercie Dieu, depuis le début de la campagne il n'y a pas eu de trouble. Il pleut mais c'est une bénédiction", a-t-il déclaré à la presse.   

"Je remercie les candidats de l'opposition qui se sont présentés aux élections. Nous avons besoin d'une opposition constructive", a-t-il estimé. Dans cet archipel pauvre de l'océan Indien, de nombreux bureaux ont ouvert avec retard dimanche matin. La commission électorale a repoussé leur fermeture de deux heures en fin de journée, en raison de ces retards mais aussi des intempéries.   

Le matériel de vote n'était pas toujours au rendez-vous: dans un bureau de Moroni, "il n'y a pas d'isoloir, le personnel a dû en improviser un", constate un observateur américain, James Burns. En guise d'isoloir, deux pans de tissu ont été grossièrement noués pour cacher une table.   Dans un bureau voisin, c'est un simple carton, posé sur une chaise, peu propice à la confidentialité du vote.   

Un électeur en boubou et kofia, couvre-chef typique des Comores, peste: "J'ai trempé mon doigt dans l'encrier mais c'est déjà parti". L'encre indélébile est censée empêcher les électeurs de voter plusieurs fois. Trente-trois députés doivent être élus pour cinq ans, par 338.940 inscrits, dans ce scrutin uninominal majoritaire à deux tours ouvert jusqu'à 16h00 (13H00 GMT). La commission électorale a cinq jours pour proclamer les résultats, avant le second tour prévu le 16 février.    

- Maigre suspense -    

Dans certaines circonscriptions, les candidats du pouvoir sont sûrs de l'emporter dès le premier tour, faute d'adversaires. A Bacha, non loin de Moroni, fief de l'ex-ministre de l'Intérieur Daoud Abdallah Mohamed passé à l'opposition en 2021, ce dernier accuse le pouvoir de tentative de triche. "Notre mandataire a été arrêté alors qu'il voulait stopper le bourrage d'urnes", a affirmé le leader du parti Orange. Une allégation réfutée par les assesseurs du bureau de vote. Interrogé sur les allégations de fraude avancées par l'opposition, le président Azali a répondu : "C'est du déjà entendu. Il faudrait des preuves de ce qu'ils avancent".   

La campagne a été peu suivie, sauf celle du fils du président Azali, dont l'ascension au sein du gouvernement autoritaire de son père a été confirmée par sa nomination comme secrétaire général du gouvernement en juillet 2024. Nour el-Fath Azali, 39 ans, qui était déjà auparavant le conseiller privé du président, se présentait dans la circonscription de Hambou, à une vingtaine de kilomètres de Moroni. Sa campagne a ainsi vu fleurir casquettes et tee-shirts à l'effigie de celui qui est aussi secrétaire général adjoint du parti au pouvoir.   

Les trois îles de l'archipel - Grande Comore, Anjouan et Mohéli - sont dirigées par des gouverneurs issus du parti présidentiel, élus en 2024. Arrivé à la tête du pays une première fois en 1999 par un coup d'Etat, le colonel Azali est revenu au pouvoir en 2016. En janvier 2024, il a officiellement obtenu 57,2% des voix, lui permettant de se maintenir jusqu'en 2029.   

Ce scrutin avait été marqué par des émeutes, paralysant l'archipel plus de 48 heures, provoquant un décès par balle et plusieurs blessés. L'opposition avait dénoncé des fraudes grossières.


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