L’Institut d’Émission des Départements d’Outre-mer (IEDOM) a publié une analyse consacrée aux marges dans la chaîne de la distribution alimentaire en Martinique. Réalisée à partir des données comptables de 2023, l’étude examine la rentabilité financière des entreprises intervenant sur ce marché et la compare à celle observée dans l’Hexagone et dans les autres départements d’Outre-mer.
Cette publication intervient dans un contexte marqué par les manifestations contre la vie chère survenues à l’automne 2024 en Martinique. En 2022, les prix à la consommation des produits alimentaires étaient supérieurs de 40 % à ceux constatés dans l’Hexagone, une tendance qui n’a pas été inversée par la récente dynamique inflationniste. L’IEDOM rappelle que les marges appliquées par les acteurs de la chaîne de distribution participent à la formation des prix à la consommation et peuvent constituer l’un des facteurs explicatifs du niveau des prix.
L’étude met en évidence que, dans le commerce alimentaire de détail, les marges des entreprises martiniquaises sont proches de celles observées dans l’Hexagone. Elles sont équivalentes pour les grandes surfaces et plutôt inférieures pour les petits commerces et les commerces spécialisés. La rentabilité des distributeurs martiniquais est toutefois affectée par un poids plus élevé des achats de marchandises dans leur chiffre d’affaires. Ce surcoût est compensé par des charges salariales proportionnellement plus faibles.
Dans le commerce alimentaire de gros, les marges des entreprises martiniquaises apparaissent légèrement supérieures à celles de leurs homologues hexagonales. Si le poids des achats de marchandises reste également pénalisant, ces entreprises bénéficient de dépenses d’approvisionnement, incluant notamment les combustibles, fournitures et emballages, dont la part est nettement inférieure à celle observée dans l’Hexagone.
Concernant le secteur de la logistique, pour lequel la distinction entre distribution alimentaire et non alimentaire n’est pas possible, les entreprises martiniquaises affichent des taux de valeur ajoutée plus élevés. Selon l’étude, ces niveaux peuvent contribuer au coût de la vie. Toutefois, ils sont compensés par des dépenses de personnel plus importantes que dans l’Hexagone. Le taux d’excédent brut d’exploitation reste, quant à lui, peu différent de celui observé dans l’Hexagone.
L’analyse repose notamment sur les indicateurs de rentabilité relevés pour les supermarchés et hypermarchés de la distribution alimentaire martiniquaise en 2023.
memento.fr

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