Réuni en séance plénière le 15 avril 2026, le Conseil départemental de La Réunion a inscrit à son ordre du jour la solidarité, la lutte contre la vie chère, l’adaptation des politiques publiques aux réalités du territoire et le développement du monde agricole. Dans un contexte marqué par la hausse significative des prix des carburants depuis le début du mois, les élus ont adopté trois motions en procédure d’urgence afin d’apporter des réponses immédiates aux difficultés économiques rencontrées par la population.
La première motion, relative à la hausse des prix des carburants et à ses conséquences sur le pouvoir d’achat et l’économie réunionnaise, a été adoptée à la majorité. Elle met en évidence l’impact direct de l’augmentation des coûts de transport sur l’ensemble de la chaîne économique ainsi que sur le budget des ménages. Pour y répondre, le Département a décidé de mobiliser une enveloppe exceptionnelle de 5 millions d’euros destinée à soutenir les familles les plus précaires.
Ce dispositif repose sur la Cart’Monétik, mise en place en 2025 et renforcée dans ce contexte de crise. "Cette enveloppe supplémentaire de 5 millions d’euros financée par le Département sur ses fonds propres, pourra aider les familles à payer le supplément carburant, mais aussi la bouteille de gaz, les frais de médicaments, l’électricité ou l’eau. C’est à la famille de décider de son utilisation", précise Cyrille Melchior.
Les modalités d’attribution de cette aide ont été détaillées lors de la Commission permanente. Près de 60 000 personnes seront accompagnées, avec des montants compris entre 50 et 200 euros supplémentaires en fonction des situations. Ainsi, 22 000 personnes âgées aux revenus modestes bénéficieront automatiquement d’une aide de 50 euros, 2 000 personnes en situation de handicap percevront une aide de 200 euros sur demande, 25 000 bénéficiaires du RSA recevront 50 euros sans démarche, et entre 5 000 et 10 000 bénéficiaires du CAPAH seront également soutenus à hauteur de 50 euros.
Le vote de cette motion s’est déroulé en présence de Vianney Settama, porte-parole de l’Intersyndicale des transporteurs, qui a souligné que "Le Département assume pleinement ses responsabilités".
Deux autres motions ont également été adoptées. La première appelle à l’union et à la responsabilité pour la sauvegarde du modèle agricole réunionnais, en insistant notamment sur la nécessité d’apaiser la gouvernance d’URCOOPA et sur le rôle stratégique de cette structure dans la souveraineté alimentaire et la résilience du territoire. La seconde dénonce la baisse des crédits et la suspension des contrats aidés (PEC), tout en demandant le maintien des politiques d’insertion.
Les élus ont exprimé leur inquiétude face à la diminution des moyens alloués et ont réaffirmé leur attachement au maintien des contrats aidés dans un territoire marqué par un marché de l’emploi contraint. "Nous demandons à l’État de maintenir un volume équivalent à 2025, soit environ 10 000 contrats, de reconduire la convention annuelle et de garantir une visibilité financière", indique Cyrille Melchior. Il précise également que le Département maintient ses efforts pour conserver 1 700 contrats aidés financés à hauteur de 90 % par la collectivité, afin d’éviter toute rupture de parcours.
Au-delà de ces mesures d’urgence, les élus ont examiné plusieurs projets structurants, dont la création d’une ferme agricole départementale. Ce projet vise à accompagner l’installation de nouveaux agriculteurs, à faciliter l’accès au foncier et à structurer un accompagnement technique et économique. "Accompagner l’installation de nouveaux agriculteurs, faciliter l’accès au foncier et structurer un accompagnement technique et économique", explique Serge Hoarau, vice-président délégué à l’Agriculture.
Cette ferme, présentée comme un « sas de professionnalisation », permettra à de jeunes diplômés de formations agricoles de disposer d’un foncier pendant une durée maximale de trois ans. Le projet sera lancé sur un terrain de 22 hectares situé à Saint-Paul, dans le secteur de l’Antenne 4, à proximité de la route des Tamarins.
Par ailleurs, la Commission permanente a débloqué une avance financière complémentaire de 1,5 million d’euros en faveur de la filière canne à sucre. Cette enveloppe, attribuée au CTICS, vise à sécuriser le paiement des aides aux planteurs (de cannes) dans un contexte de transition des outils dédiés au paiement des financements européens, afin d’éviter toute rupture de trésorerie.
memento.re

0 COMMENTAIRE(S)