À l’occasion d’une conférence de presse tenue le 15 avril 2026, Patrick Croissandeau, directeur de l’agence Martinique de IEDOM, et Adrien Boileau, responsable du service études et établissements de crédit, ont dressé le bilan économique de l’année 2025 et présenté les perspectives pour 2026.
L’année 2025 s’est caractérisée par une activité économique sans véritable relief. Si les entreprises ont enregistré un redressement progressif au fil des mois, celui-ci n’a pas permis d’inscrire l’économie dans une trajectoire de croissance. Selon les chefs d’entreprise interrogés dans le cadre de l’enquête de conjoncture, la variation annuelle du chiffre d’affaires du secteur marchand s’établit à un niveau médian nul. Le marché de l’emploi est resté dégradé, conservant les effets de la fin d’année 2024. Dans le même temps, les investissements ont évolué sans dynamique marquée, tandis que la consommation des ménages s’est maintenue, soutenue par la baisse de l’inflation et des coûts de financement.
Après une fin d’année 2024 marquée par des mouvements sociaux, l’économie martiniquaise a amorcé un redressement progressif. L’indicateur du climat des affaires (ICA) est ainsi repassé au-dessus de sa moyenne de longue période en début d’année 2025. Cette amélioration s’est confirmée au fil des mois, avec une progression de 5 points de l’ICA moyen sur l’ensemble de l’année. Toutefois, cette évolution n’a pas suffi à impulser une dynamique durable, dans un contexte d’incertitudes persistantes pour les chefs d’entreprise.
Les situations sectorielles demeurent contrastées. Le secteur primaire et le BTP restent fragilisés, tandis que le tourisme bénéficie du dynamisme de l’activité croisière. Par ailleurs, la hausse tendancielle des défaillances d’entreprises constitue un point de vigilance pour l’économie locale.
Pour 2026, les perspectives s’inscrivent dans un contexte marqué par des incertitudes économiques et sociales persistantes, ainsi que par un déclin démographique. La Martinique est ainsi appelée à engager une transformation durable de son modèle de développement. Celle-ci devra reposer sur une modernisation en profondeur des secteurs clés et sur une accélération de la transition écologique et énergétique. La structuration des filières émergentes, le renforcement de l’investissement productif et l’accompagnement des entreprises vers une montée en gamme apparaissent comme des leviers essentiels. Cette évolution implique également un recours accru à l’intelligence collective, tout en veillant à préserver et renforcer la cohésion sociale.
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