Le MEDEF Réunion entend renforcer la place des entreprises réunionnaises dans les échanges entre l’Afrique, la France et l’océan Indien. Du 11 au 15 mai, une délégation d’entreprises réunionnaises, conduite avec La Réunion Développement et Business France, a participé au sommet Africa Forward à Nairobi, avant de poursuivre par des rencontres institutionnelles et d’affaires à Kigali, en amont de l’Africa CEO Forum.
Le sommet Africa Forward a réuni des chefs d’État africains et des représentants français autour du thème “Partenariat Afrique-France pour la croissance et l’innovation”. Les échanges ont porté sur plusieurs grands chantiers économiques, parmi lesquels la transition énergétique, l’industrialisation verte, la transformation numérique, la souveraineté alimentaire ou encore la réforme de l’architecture financière internationale.
Pour le MEDEF Réunion, ces sujets ouvrent des perspectives concrètes pour les entreprises de l’île, appelées à devenir des “connecteurs régionaux” et des “apporteurs de solutions” entre la France, l’océan Indien et le continent africain.
Cette démarche répond à la vision portée par la présidente Katy Hoarau, qui souhaite “renforcer les liens de l’économie réunionnaise avec son bassin régional” afin de réduire ses vulnérabilités et construire une économie “plus robuste et plus résiliente”.
À Kigali, la délégation a également visité le mémorial du génocide contre les Tutsis. Une étape de recueillement qui a donné une dimension particulière au déplacement. Le Rwanda a été présenté comme un pays marqué par “la trajectoire collective d’un peuple”, capable de se reconstruire “avec méthode, ambition et cohérence dans le temps”.
Au-delà de cette dimension historique, le déplacement a permis d’observer les transformations économiques du pays. Le MEDEF Réunion souligne notamment un environnement des affaires profondément réformé, avec des démarches administratives rationalisées, des délais réduits et une création d’entreprise fortement simplifiée. Pour les entrepreneurs, le Rwanda apparaît ainsi comme un exemple de compétitivité construite aussi par “la qualité du cadre institutionnel”.
La délégation réunionnaise défend désormais un axe Sud-Sud plus affirmé. La Réunion et Mayotte, décrites comme la “France de l’océan Indien”, sont appelées à jouer un rôle de passerelle entre l’Hexagone, les partenaires africains et les pays de l’arc indocéanique.
Plusieurs secteurs sont identifiés comme porteurs, notamment l’agribusiness, le tourisme, les filières de formation, le numérique et les services. Selon le MEDEF Réunion, les entreprises locales disposent des savoir-faire, de l’expérience et de la position géographique nécessaires pour devenir des partenaires économiques à part entière.
Le mouvement patronal estime que le développement réunionnais ne peut plus seulement se penser en direction du Nord. “Une part significative des opportunités de demain se trouve dans les relations Sud-Sud, dans l’océan Indien et sur le continent africain”, affirme-t-il, en rappelant que la position géographique de La Réunion “n’est pas une contrainte”, mais “un atout stratégique”.
Cette ambition se traduit déjà par des outils concrets, comme DirectOI, la marketplace numérique dédiée aux échanges dans l’océan Indien, lancée à Madagascar lors du CEO Summit d’avril dernier. Cette plateforme doit permettre de connecter les entreprises de la région et de structurer progressivement de nouveaux liens économiques.
Le MEDEF Réunion salue enfin l’engagement du MEDEF International pour l’intégration des territoires ultramarins dans les dynamiques économiques internationales et régionales. Une ligne résumée par une formule finale tournée vers l’action collective, “Ensemble cap vers une économie robuste”.
Memento

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