L’accès à l’assurance habitation demeure largement garanti sur l’ensemble du territoire français, y compris dans les zones les plus exposées aux catastrophes naturelles. C’est la principale conclusion de l’Observatoire de l’assurabilité publié le 15 juin 2026 par la Caisse centrale de réassurance (CCR). Le rapport met toutefois en évidence des tensions localisées, particulièrement dans les territoires ultramarins, qui ont conduit le gouvernement à annoncer de nouvelles mesures de suivi et d’évaluation.
Selon cette première édition de l’Observatoire, 97,7 % des quelque 35.000 communes françaises ne rencontrent pas de difficultés d’accès à l’assurance multirisques habitation pour les propriétaires ou occupants de maisons individuelles. Dans ces communes, une trentaine de compagnies d’assurance, voire davantage, proposent leurs services.
Le rapport identifie néanmoins 903 communes où l’offre apparaît plus limitée. Parmi elles, 568 sont classées en situation de tension légère et 335 en tension modérée. L’étude repose sur l’analyse de la présence des assureurs à l’échelle communale et sur l’exposition à plusieurs risques couverts par le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles : les cyclones, les inondations et le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA), responsable de fissures sur les bâtiments construits sur des sols argileux.
"Les territoires les plus touchés sont évidemment les territoires d'outre-mer, et dans une moindre mesure, des communes de métropole qui sont plus petites, moins attractives, commercialement", a indiqué Edouard Vieillefond, directeur général de la CCR, lors de la présentation du rapport aux ministres de l’Économie et de la Transition énergétique.
En métropole, les tensions observées se concentrent principalement dans l’Est de la France, le Massif central et la Corse. Afin de rendre ces données accessibles au public, la CCR prévoit de mettre en ligne une cartographie détaillée permettant de visualiser le niveau de tension de chaque commune grâce à un système de couleurs graduées.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a qualifié ce premier rapport de "rapport rassurant", tout en annonçant le lancement d’une mission conjointe de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection générale de l’administration consacrée à l’assurabilité face au changement climatique dans les territoires ultramarins.
Cette mission devra remettre ses recommandations avant la fin de l’année. Selon des sources gouvernementales, elle aura notamment pour objectif d’identifier des solutions adaptées aux risques spécifiques rencontrés dans les outre-mer, en particulier les cyclones.
À l’occasion de cette présentation, Roland Lescure et la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, ont également annoncé plusieurs orientations concernant le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, dit régime « Cat Nat ». Les deux ministres ont indiqué que le taux de surprime Cat Nat ferait désormais l’objet d’un examen tous les cinq ans. Des réflexions seront également engagées afin de garantir une répartition jugée équitable de la charge financière du régime entre les assurés.
Le gouvernement a par ailleurs annoncé sa volonté de travailler avec les assureurs et les collectivités territoriales afin de renforcer la prévention des risques naturels et de réduire la vulnérabilité des logements face aux événements climatiques.
L’Observatoire de l’assurabilité a vocation à devenir un outil pérenne. Basé sur des données de l’année 2022, il sera actualisé chaque année. Les prochaines éditions intégreront progressivement d’autres marchés, notamment les appartements, les entreprises et les collectivités locales, ainsi que d’autres risques tels que la submersion marine. Elles analyseront également la présence des assureurs dans les territoires ayant subi des sinistres majeurs au cours des années précédentes.
L’objectif affiché est de prévenir tout retrait progressif des assureurs et réassureurs privés des zones les plus exposées aux risques naturels, ce qui pourrait laisser certains habitants sans solution d’assurance.
"Ce rapport qui va être renouvelé nous oblige collectivement, car l'assurabilité de nos territoires pour nous assureurs, ça n'est pas une contrainte, mais c'est exactement notre but", a déclaré Florence Lustman, présidente de France Assureurs. La CCR ne cite toutefois aucune compagnie d’assurance dans son étude. Le document ne permet donc pas d’identifier les acteurs les plus présents dans les territoires exposés ni ceux qui participent le plus activement à la mutualisation des risques à l’échelle nationale.
Commandé par le gouvernement plus de deux ans auparavant, ce rapport devait initialement être publié au début de l’année 2025. Sa publication intervient dans un contexte de multiplication et d’intensification des événements climatiques extrêmes. Inondations, sécheresses et cyclones deviennent plus fréquents et plus violents à mesure que le réchauffement climatique progresse sous l’effet des activités humaines.
Dans ce contexte, le régime Cat Nat demeure un pilier du système français d’indemnisation. Il permet à la CCR de partager avec les assureurs privés le coût de certains sinistres liés aux catastrophes naturelles, comme les inondations, les séismes ou les raz-de-marée. En cas d’événement majeur, l’État peut également prendre en charge la totalité du risque.
memento.fr

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