L'Etat d'accord pour baisser le prix de l'alimentaire de 20%, la mobilisation se poursuit

Un accord, mais une crise qui se poursuit : l'Etat a annoncé mercredi soir avoir signé un accord, notamment avec les distributeurs, pour baisser de "20% en moyenne" les prix de l'alimentaire en Martinique, théâtre depuis septembre d'une mobilisation contre la vie chère.   

Cet accord, arraché mercredi soir à Fort-de-France au terme d'un septième volet de négociations et annoncé par le préfet de Martinique, n'a toutefois pas été signé par le collectif Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), à l'origine de la mobilisation depuis le 1er septembre, qui a claqué la porte et appelé à "poursuivre le mouvement".   

"L'accumulation des efforts collectifs prévus dans le protocole permettra aux hypermarchés de procéder à une réduction de 20% en moyenne des prix de vente actuellement pratiqués sur une liste de 54 familles de produits correspondant aux produits alimentaires les plus consommés en Martinique", a écrit le préfet dans un communiqué.   

Le "protocole d'objectifs et de moyens de lutte contre la vie chère", sur ce territoire où les prix de l'alimentaire sont actuellement 40% plus élevés que dans l'Hexagone, a été signé entre la préfecture locale, la Collectivité territoriale de la Martinique et une batterie d'acteurs locaux, allant des distributeurs (hypermarchés et supermarchés notamment) aux parlementaires, en passant par le Grand Port maritime et le transporteur CMA-CGM.    

- "Total désaccord" -    

"La baisse durable des prix de l'alimentaire résultera notamment, parmi d'autres, de l'entrée en vigueur de cinq grandes mesures de baisses structurelles des coûts d'achat et d'acheminement des 6.000 produits alimentaires importés (...), ainsi que d'un engagement ferme et obligatoire des grands distributeurs de réduire significativement leurs marges sur la vente de ces produits", a ajouté le préfet.   

"Il y a urgence à signer pour l'économie martiniquaise", avait-il déclaré en marge de la septième table-ronde mercredi. Il a également appelé à la "désescalade de la violence", alors que les autorités ont prolongé lundi jusqu'au 21 octobre un couvre-feu nocturne sur l'île. Depuis début septembre, ce territoire des Antilles est en proie à une mobilisation sociale qui dégénère à intervalles réguliers en violences urbaines. Ces dernières semaines, l'île a connu des pillages, des incendies, des blocages de routes ainsi que l'envahissement de l'aéroport du chef-lieu Fort-de-France.   

"Le peuple en total désaccord (avec le protocole) a décidé de poursuivre le mouvement", a réagi immédiatement après l'annonce le RPPRAC. "On demande que le ministre (des Outre-mer) se déplace en Martinique. Tant que le ministre ne se déplace pas, personne ne pourra circuler" sur l'île, où se multiplient depuis plus d'un mois les barrages filtrants tenus par des militants, a déclaré devant ses partisans à la sortie des négociations le leader du mouvement, Rodrigue Petitot.    

- "Tout l'alimentaire" -    

Si son collectif n'a pas signé l'accord, c'est parce qu'il souhaitait que la baisse des prix consentie par l'Etat et les divers acteurs locaux concerne "tout l'alimentaire" et pas seulement une cinquantaine de familles de produits.   

"On parle de 6.000 produits sur 40.000. (...) Tout le monde est d'accord sauf le RPPRAC", a lancé "le R" à ses militants rassemblés sous le bâtiment de la Collectivité territoriale de Martinique. "On est ultra-déterminés. On maintient les blocages, on maintient tout. Le combat, c'est jusqu'à obtenir gain de cause", a-t-il martelé. Alors que ces derniers jours une nette accalmie s'était installée sur l'île, Rodrigue Petitot a prévenu : "On va faire tout ce qu'il faut faire pour que ce problème-là (de la vie chère) puisse être réglé".   

"J'espère qu'il n'y aura pas de débordements et de dérapages, parce que les entreprises martiniquaises, singulièrement les petites, ont payé un lourd tribut", s'est inquiété à l'issue de la signature Marcellin Nadeau, député du Nord de l'île, autour de la table mercredi. "Dans la mesure où le RPPRAC n'a pas signé", a-t-il confié, "on ne peut pas dire qu'on soit sortis de la crise".


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