À La Réunion, le numérique n’est plus un simple secteur d’activité, il devient une colonne vertébrale des politiques publiques. Le document de présentation du Contrat de Filière Numérique 2026–2028, signé en février 2026, pose le décor d’une filière déjà solide, avec environ 1 500 entreprises, plus de 3 500 emplois et 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel, tout en rappelant que la dynamique s’accompagne de tensions sur les compétences et d’inégalités d’accès aux usages.
Lors de la séquence de signature, la Région a aussi replacé cette feuille de route dans un cadre institutionnel et économique plus large. Selon Séverine Nirlo, Directrice générale adjointe Développement économique et Innovation à la Région Réunion, "la loi NOTRe fait de la Région la collectivité responsable en matière de développement économique, avec la capacité d’activer des aides directes aux entreprises, tandis que les intercommunalités agissent via des conventions.” Dans le même esprit, "la première priorité est de soutenir le dynamisme des entreprises, dans un contexte où les défaillances restent une préoccupation depuis l’après-Covid, malgré une dynamique de création, notamment dans l’innovation et les start-up visibles sur des rendez-vous comme VivaTech.”
La stratégie régionale se veut à la fois financière et structurante. "Sur le programme européen 2021–2027, plus de 220 millions d’euros sont consacrés au soutien du tissu économique local" selon la Directrice générale adjointe du service économique. En parallèle, le Contrat de Filière Numérique 2026–2028 est conçu pour passer d’initiatives dispersées à une action coordonnée, avec une méthode de co-construction et une architecture en quatre axes, allant de l’inclusion à la compétitivité, en passant par la résilience et la gouvernance de la donnée et de l’intelligence artificielle.
Le texte fixe aussi des cibles opérationnelles, au plus près du terrain. L’un des objectifs affichés est d’accompagner 10 000 usagers vers une autonomie numérique, et un autre de soutenir la transformation numérique de 8 000 TPE et PME, en s’appuyant sur des dispositifs existants appelés à évoluer. “L’ambition est également d’aller vers une économie plus coopérative, inclusive et équitable, avec un soutien renforcé à l’économie sociale et solidaire et aux structures d’accompagnement à la création d’entreprises, notamment via des outils de prêt” rappelle Séverine Nirlo lors de son intervention.
Autre pivot mis en avant, l’articulation entre économie, recherche et innovation. La nouvelle stratégie régionale cherche à imbriquer ces domaines afin que la recherche et l’innovation débouchent davantage sur la création d’entreprises, d’activités et d’emplois. Cette logique se retrouve dans les axes du contrat, qui évoque aussi la montée en puissance de l’IA, de l’Internet des objets et de démonstrateurs, tout en insistant sur un cadre de confiance autour des données.
La Région veut également tenir la ligne d’une croissance plus équilibrée dans les territoires avec un schéma d’aménagement économique régional est attendu à l’horizon juin 2026, avec des priorités qui touchent notamment aux zones d’activité, aux zones industrialo-portuaires et à la ZAC Pierre-Labor, dont la commercialisation doit se terminer cette année. Et l’ouverture à l’extérieur est assumée comme un accélérateur. “La Région encourage les entreprises à l’export avec des dispositifs comme la prime export, qui peut aider la prospection et la participation à des salons, et l’attractivité passe aussi par la marque La Réunion créée en 2024, portée par environ une centaine d’entreprises ambassadrices” affirme Séverine Nirlo.
Enfin, la politique économique revendique une approche par filières, entre socles historiques et paris émergents. Les filières structurantes comprennent notamment les énergies renouvelables, le bâtiment tropical, l’économie bleue, l’agroalimentaire et le tourisme, avec une évolution annoncée de l’IRT vers un statut d’EPIC d’ici le mois de juin. Des filières émergentes montent en puissance, comme les industries d’image, les jeux vidéo, l’aéronautique et les drones, ainsi qu’une filière de services à la personne, avec l’objectif de construire des feuilles de route partagées et de signer des contrats de filière dès cette année.
Mémento

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