

À la veille de son déplacement à Mayotte, Édouard Philippe durcit fortement son discours sur l’immigration. Dans un entretien publié jeudi par France Mayotte Matin et rapporté par l’AFP, le candidat Horizons à la présidentielle estime que "l’urgence est de fermer les vannes de l’immigration" dans l’archipel, et ce "totalement".
L’ancien Premier ministre doit se rendre vendredi et samedi à Mayotte avant de poursuivre son déplacement à La Réunion. Selon l’AFP, il place la maîtrise des flux migratoires en tête de ses priorités pour le territoire.
Édouard Philippe affirme rester "attaché au droit d’asile", qu’il rattache à la tradition républicaine, mais il prend l’engagement, s’il accède à l’Élysée, de suspendre "l’enregistrement de toute nouvelle demande d’asile à Mayotte" pendant l’ensemble du prochain quinquennat.
Il considère que cette suspension devrait durer "tant que le territoire restera saturé". L’ancien chef du gouvernement souhaite également aller plus loin sur le droit du sol, déjà restreint à Mayotte par une loi de 2025. Il estime qu’il faudrait "le suspendre totalement pendant plusieurs années".
Selon les chiffres de l’Insee rappelés par l’AFP, Mayotte comptait environ 323 000 habitants au 1er janvier 2026, dont près de la moitié de nationalité étrangère, en très grande majorité comorienne.
L’archipel est également devenu une étape sur une nouvelle route migratoire empruntée par des ressortissants de pays de la région des Grands Lacs, notamment la République démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi, souvent via les Comores.
Pour Édouard Philippe, cette évolution justifie un durcissement supplémentaire. "Quel est le sens de créer un appel d’air supplémentaire pour une immigration africaine qui vient se surajouter à une immigration comorienne hors de contrôle ?", interroge-t-il dans les propos cités par l’AFP.
Le candidat propose également l’installation d’un "centre de retour français" en Afrique de l’Est afin d’éloigner plus rapidement les étrangers en situation irrégulière présents à Mayotte. Il souhaite parallèlement "un moratoire total sur les voies d’accès à l’immigration à Mayotte pour toute la durée du quinquennat", y compris concernant l’immigration familiale.
Au-delà de l’immigration, Édouard Philippe affirme vouloir concentrer son action sur deux priorités, "reprendre le contrôle migratoire" et "accélérer la reconstruction et les grands équipements" après les importantes destructions provoquées par le cyclone Chido en décembre 2024.
Selon l’AFP, l’ancien Premier ministre conclut en affirmant vouloir faire de Mayotte "une pépite de l’océan Indien", à condition que l’État joue pleinement son rôle aux côtés des Mahorais.
Mémento


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