L’épidémie de maladie à virus Ebola qui touche actuellement la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, suscite une vigilance accrue des autorités sanitaires internationales et françaises. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé cette flambée épidémique comme une « urgence sanitaire de portée internationale », après l’apparition de cas également signalés en Ouganda et face au risque de propagation vers les pays frontaliers. Plus de 130 décès et plus de 500 cas suspects ont été recensés à ce stade.
Cette épidémie présente plusieurs particularités. Le variant en circulation, appelé Bundibugyo, reste peu connu et ne dispose actuellement ni de vaccin ni de traitement à l’efficacité prouvée. Déjà identifié lors de précédentes épidémies en 2007 et 2012, il se transmet d’abord de l’animal à l’homme, notamment par contact avec des animaux sauvages infectés ou via la consommation de viande de brousse, puis entre humains par contacts rapprochés avec des personnes symptomatiques et leurs fluides corporels. Malgré sa forte létalité, estimée entre 40 % et 50 %, les spécialistes rappellent qu’Ebola demeure un virus relativement peu contagieux car il ne se transmet pas par voie aérienne.
Selon les autorités françaises et les modélisations réalisées notamment par l’INSERM et Santé publique France, le risque d’importation en métropole et à Mayotte est considéré comme « très faible ». Aucune liaison aérienne directe n’existe actuellement entre la zone touchée et l’Hexagone. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a toutefois annoncé la mise en œuvre de premières mesures de précaution, en particulier à Mayotte, en raison de sa proximité géographique avec l’Afrique de l’Est et des flux migratoires en provenance de la région des Grands Lacs et des Comores.
Une réunion interministérielle s’est tenue à Matignon avec les ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères, de la Santé, des Transports et des Outre-mer afin de coordonner la réponse française. Les autorités ont décidé de placer en alerte la préfecture et l’Agence régionale de santé de Mayotte et de renforcer la surveillance sanitaire sur le territoire.
Le Centre hospitalier de Mayotte ainsi que les acteurs de santé locaux ont été mobilisés afin d’anticiper une éventuelle prise en charge de patients. Des circuits d’isolement ont été définis, des capacités d’hospitalisation sécurisées préparées et une organisation spécifique prévue pour les prélèvements biologiques envoyés vers le centre national de référence en métropole. Une astreinte zonale d’infectiologie a également été activée en lien avec l’ARS de La Réunion, tandis qu’un suivi sanitaire renforcé des migrants et une communication auprès des professionnels de santé ont été engagés.
Parallèlement, les services de l’État, notamment les Armées, le ministère de l’Intérieur et celui des Affaires étrangères, ont été mobilisés afin de renforcer les contrôles liés à l’arrivée de migrants en provenance d’Afrique de l’Est, de la région des Grands Lacs et des Comores, ainsi que la coopération régionale.
Les autorités françaises recommandent enfin aux voyageurs se rendant en RDC ou en Ouganda de respecter strictement les consignes sanitaires :
Au retour, une surveillance de la température pendant 21 jours est préconisée. En cas de fièvre supérieure à 38°C ou de symptômes évocateurs, il est demandé de contacter immédiatement le SAMU-Centre 15 sans se rendre directement chez un médecin ou aux urgences.
memento.fr

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