

Le Département de La Réunion hausse le ton sur la révision du Schéma d’aménagement régional. Réunis en commission permanente le 19 août 2026 sous la présidence de Cyrille Melchior, les élus départementaux ont adopté à l’unanimité une motion demandant à la Région de mieux intégrer la protection du foncier agricole, la ressource en eau et les besoins de mobilité dans le futur SAR.
Ce document doit fixer les grandes orientations d’aménagement de l’île pour les vingt-cinq prochaines années. Pour le Département, les décisions prises aujourd’hui engageront durablement l’utilisation des terres, l’urbanisation et les capacités de production agricole du territoire.
La Collectivité rappelle notamment que La Réunion dispose de "plus de 17 000 hectares équipés" en irrigation, représentant "plus de 40 % de la surface agricole de l’île". Ces équipements sont le résultat de plusieurs décennies d’investissements publics et constituent, selon les élus, un outil déterminant pour sécuriser les productions, favoriser leur diversification et répondre aux effets du changement climatique.
Une inquiétude particulière concerne les possibilités d’urbanisation envisagées à l’horizon 2050. La motion indique que le projet de SAR identifie "plus de 3 000 hectares de capacités d’urbanisation". Le Département avertit qu'une ouverture de nouveaux espaces sans infrastructures suffisantes, sans réseaux adaptés ou sans ressource en eau sécurisée pourrait entraîner des charges importantes pour les collectivités.
Les élus demandent ainsi à la Région de "sanctuariser les périmètres irrigués" et de les reconnaître comme un critère pouvant s’opposer à certaines extensions urbaines. Ils souhaitent également que toute nouvelle ouverture à l’urbanisation soit précédée d’une analyse démontrant sa faisabilité technique et financière, en prenant notamment en compte les accès routiers, les réseaux, la disponibilité de l’eau et le coût global des aménagements.
La motion réclame par ailleurs un renforcement des règles relatives à "la protection du foncier agricole, à la maîtrise de l’urbanisation et au développement territorial". Le Département souhaite également qu’un mécanisme d’accompagnement soit étudié pour les collectivités participant à la conservation des espaces agricoles et naturels.
Le réseau routier départemental constitue un autre point de vigilance. Les élus demandent qu’il soit reconnu comme "un maillon essentiel du système de mobilité réunionnais" et que les projets routiers structurants portés par le Département soient intégrés aux réflexions du futur SAR. Pour la Collectivité, leur prise en compte participe directement à la sécurisation des déplacements et à la résilience du territoire.
Cette position intervient alors que la commission permanente du 19 août a également examiné plusieurs dossiers consacrés à l’aménagement, à l’environnement, aux routes, à l’habitat et à l’accompagnement social. Parmi les décisions adoptées figurent notamment 25,3 millions d’euros dans le cadre du Pacte Département et Territoires au bénéfice de six communes, ainsi que différents investissements consacrés à la sécurisation des infrastructures et à l’amélioration de l’habitat.
Avec cette motion, le Département demande désormais à la Région de renforcer la concertation autour du futur Schéma d’aménagement régional afin de parvenir à une stratégie conciliant développement, agriculture, besoins en logements, protection des ressources et mobilité.
Mémento


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