

La Région Réunion a présenté les résultats du projet RISC-RA, déclinaison locale du programme européen CLIMAAX, consacré à l’évaluation des risques climatiques. Lancé en octobre 2024 pour une durée de 22 mois, ce travail a permis d’établir "une cartographie inédite de la vulnérabilité du territoire face aux aléas hydro-climatiques".
Piloté par la Région Réunion et financé par la Commission européenne dans le cadre d’Horizon Europe, le projet associe notamment l’OSU-Réunion, Météo-France et le BRGM. Les recherches se sont concentrées sur deux grandes catégories de risques, les précipitations extrêmes accompagnées de crues torrentielles et d’inondations, ainsi que la sécheresse et ses conséquences sur l’approvisionnement en eau potable.
Les travaux confirment une exposition croissante de l’île aux phénomènes extrêmes. Les cyclones Belal et Garance ont notamment provoqué d’importantes inondations, tandis que le début de l’année 2025 a été marqué par "la sécheresse et une vague de chaleur historiques".
Concernant les pluies extrêmes et les crues torrentielles, le relief très escarpé de La Réunion renforce la vulnérabilité du territoire. Les conséquences peuvent prendre la forme d’inondations, de glissements de terrain, d’embâcles ou de destructions d’infrastructures. Les projections évoquées dans le dossier font apparaître "une intensification de ces risques dans les prochaines décennies".
La sécheresse constitue un autre sujet majeur. Les chercheurs ont croisé les évolutions climatiques avec les fragilités socio-économiques, l’état des réseaux de distribution et les modes d’approvisionnement en eau. L’Est apparaît particulièrement vulnérable en raison de sa dépendance aux eaux de surface, tandis que l’Ouest reste exposé à sa dépendance aux ouvrages de transfert d’eau et à la sensibilité de certains forages à l’intrusion d’eau salée.
Les projections annoncent une pression accrue dans plusieurs secteurs urbains. Le risque d’insécurité hydrique, déjà considéré comme modéré à élevé au Port, à Saint-Denis et dans le Sud, devrait progresser à partir du milieu du siècle sous l’effet combiné de l’augmentation des épisodes de sécheresse et de la croissance démographique. "Les niveaux de risque les plus critiques sont attendus" à Saint-Denis, Saint-Louis et Saint-Pierre.
Le programme européen étant arrivé à son terme en juillet 2026, la Région a toutefois décidé de prolonger les travaux pendant douze mois sur ses fonds propres. Cette nouvelle phase doit notamment permettre de poursuivre les recherches consacrées à la prédiction des crues torrentielles et de rapprocher davantage les résultats scientifiques des politiques publiques réunionnaises.
Les connaissances produites doivent également alimenter le diagnostic du futur Schéma d’aménagement régional SAR 2050. La publication prochaine d’un "Atlas des risques hydriques de La Réunion" doit fournir aux collectivités et aux décideurs un outil supplémentaire pour orienter les choix d’aménagement, la gestion de l’eau et les politiques d’adaptation au changement climatique.
Mémento


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