

La sénatrice de La Réunion Évelyne Corbière Naminzo porte plusieurs sujets sociaux et éducatifs dans un document consacré aux inégalités dans les Outre-mer, à l’accès des jeunes aux études supérieures et à la progression du masculinisme. Trois dossiers différents qui, selon l’élue, interrogent directement l’égalité des chances et la cohésion sociale.
Sur la situation ultramarine, la sénatrice reprend les conclusions d’un rapport d’enquête consacré aux "inégalités systémiques en Outre-mer". Elle estime que le rattrapage avec l’Hexagone demeure insuffisant et rappelle qu’à La Réunion, "30 % des jeunes de 17 ans ont des difficultés de lecture", que "14 % de la population est prise en charge par le système de santé pour diabète" et que "le taux de pauvreté atteint 36 %".
Le rapport considère que ces difficultés ne peuvent être étudiées séparément. Selon le document, "les inégalités sont systémiques" car elles se combinent et peuvent se renforcer mutuellement. La situation économique constitue l’un des principaux indicateurs évoqués, avec un taux de pauvreté réunionnais annoncé à "36 % contre 14 %" dans l’Hexagone.
Plusieurs propositions sont avancées. Elles comprennent notamment une loi d’orientation et de programmation pour les Outre-mer, la création d’un contrat aidé spécifique aux territoires ultramarins, une meilleure prise en compte des langues régionales créoles dans l’apprentissage, un "plan national diabète outre-mer", la revalorisation de la prime d’activité en fonction du différentiel du coût de la vie ou encore la création d’un statut de "grand projet ultramarin".
Évelyne Corbière Naminzo veut parallèlement modifier certaines règles de Parcoursup. Elle qualifie la plateforme de "sélection discriminante envers les étudiants ultramarins" et estime que plusieurs contraintes financières peuvent pénaliser les candidats réunionnais lorsqu’ils souhaitent accéder à certaines formations.
La sénatrice souhaite notamment rendre gratuite l’inscription aux vœux lorsque des frais sont actuellement demandés. Elle défend le principe selon lequel "aucun élève n’ait à renoncer à une formation qui l’intéresse à cause du coût de la candidature".
Elle propose également de revoir l’organisation des entretiens imposés par certains établissements. Pour les jeunes ultramarins, un déplacement vers l’Hexagone peut représenter une dépense difficilement supportable par les familles. Son texte prévoit donc que Parcoursup puisse centraliser ces entretiens et permettre leur déroulement à distance.
Le document aborde enfin la progression du masculinisme, sujet étudié durant sept mois par la délégation aux droits des femmes du Sénat. Les travaux cités définissent le masculinisme comme "un courant de radicalisation" qui se différencierait du sexisme et de la misogynie par la violence qu’il peut promouvoir.
La mission évoque notamment les contenus diffusés en ligne et les liens observés entre certains mouvements masculinistes et des mouvances d’ultra-droite. Plusieurs réponses sont proposées, parmi lesquelles la création d’une amende forfaitaire délictuelle pour les outrages sexistes commis sur Internet, la désignation de référents spécialisés dans les institutions publiques concernées et la prise en compte du "crime de haine sexiste" dans les qualifications pénales utilisées par les parquets.
À travers ces différents dossiers, Évelyne Corbière Naminzo entend porter au débat national plusieurs problématiques touchant directement les territoires ultramarins, la jeunesse et l’égalité entre les femmes et les hommes.
Mémento


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