Le Parc national de La Réunion, en collaboration avec plusieurs partenaires, poursuit ses opérations de démantèlement d’installations obsolètes au piton de la Fournaise, site emblématique de l’île inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces interventions visent à préserver les paysages, la biodiversité et le caractère naturel de ce massif volcanique.
Situé au cœur du parc national, le piton de la Fournaise s’est façonné au fil de plus de 500 000 ans d’activité volcanique, principalement concentrée dans l’enclos Fouqué et le Grand Brûlé. Les coulées de lave, qui descendent régulièrement jusqu’à l’océan, participent à la formation de paysages minéraux où la végétation se développe lentement, laissant place à des milieux naturels spécifiques et évolutifs.
Au fil du temps, des installations humaines, parfois abandonnées depuis plusieurs décennies, se sont ajoutées à cet environnement fragile. Leur présence est régulièrement signalée par les usagers du site. Ces équipements, composés notamment de béton, de métal ou de plastique, peuvent perturber la régénération naturelle des milieux, introduire des sources de pollution durable et altérer l’intégrité paysagère du site. Ils peuvent également présenter des risques pour la sécurité, en raison de l’instabilité du terrain et des conditions météorologiques variables.
Ces installations sont considérées comme des « points noirs paysagers », c’est-à-dire des éléments qui rompent l’harmonie visuelle et naturelle du site. Cette notion englobe aussi bien des structures abandonnées que des équipements encore en activité dont l’impact visuel ou écologique est jugé inadapté à l’environnement.
Depuis 2007, les agents du Parc national interviennent ponctuellement sur le massif pour retirer ces équipements. En 2023, un inventaire réalisé sur le secteur Est a permis d’identifier une cinquantaine d’installations obsolètes au sommet du volcan, dont certaines antérieures à la création du parc.
En 2024, 22 installations ont été démantelées en concertation avec leurs propriétaires, parmi lesquels l’Observatoire volcanologique du piton de la Fournaise, Météo France et le gestionnaire du gîte du volcan. Quinze stations de mesure, ainsi que leurs dalles en béton, une citerne et six ouvrages de maçonnerie ont été retirés. Au total, sept mètres cubes de matériaux, soit environ trois tonnes de déchets, ont été évacués du site. L’opération a nécessité un transport par hélicoptère, financé et organisé par le Parc national, avec le soutien logistique de l’Office national des forêts (ONF) pour l’acheminement vers le centre de tri de la Communauté d’agglomération du sud (Casud).
Une mise à jour de l’inventaire a été réalisée en 2025, notamment dans le cadre du projet de scénographie du gîte du volcan, permettant d’identifier 16 installations supplémentaires. Plusieurs équipements ont depuis été retirés sur le massif du Dolomieu et à proximité du cratère Bory. Des opérations ont également été menées au Pas de Bellecombe – Jacob et au piton Partage, avec le démantèlement de 15 installations supplémentaires, incluant clôtures, stations de mesure et ouvrages de maçonnerie. Deux installations ont également été retirées de l’enclos par l’Observatoire volcanologique, avec l’appui du Parc national.
De nouvelles opérations sont prévues en mai 2026, notamment pour retirer une zone de bivouac dans l’enclos du volcan ainsi qu’un tag situé en bordure du sentier Rivals. Des garde-corps anciens pourraient également être démontés sur les sentiers menant à l’enclos, sous réserve d’une évaluation de leur état après un éboulis récent.
Ces actions s’inscrivent dans une démarche globale de restauration des milieux naturels et de préservation des paysages. Elles reposent sur un travail d’inventaire, de cartographie et de suivi mené par les agents du Parc national, en coordination avec les acteurs du territoire, dont l’ONF, dans une logique de gestion concertée et durable du massif du piton de la Fournaise.
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