
Le préfet de Guyane a décidé d’activer à compter du jeudi 22 octobre 2026 le plan ORSEC « Sécheresse », face au déficit pluviométrique et à la baisse du niveau des cours d’eau qui perturbent progressivement le transport fluvial. La mesure doit permettre de coordonner les moyens civils et militaires pour maintenir l’approvisionnement des communes isolées.
Le dispositif a été déclenché en concertation avec la Collectivité territoriale de Guyane et les communes concernées. Le centre opérationnel de zone, renforcé par la mission d’appui de la sécurité civile, assurera quotidiennement la coordination et la priorisation des moyens logistiques.
Les opérations viseront en priorité Maripasoula, Papaïchton et Grand-Santi, sur le Maroni, ainsi que Camopi, sur l’Oyapock, quatre communes dépourvues d’accès routier et particulièrement dépendantes des fleuves pour leurs approvisionnements.
Ravitaillement, écoles et production d’eau potable
Le plan doit permettre d’acheminer des produits de première nécessité à des prix maîtrisés malgré les difficultés croissantes de navigation. Il doit également contribuer au maintien du service public de l’éducation à la rentrée des vacances de la Toussaint et sécuriser le fonctionnement des installations de production d’eau potable, y compris sur le littoral.
Les premières conséquences de la sécheresse se font sentir depuis plusieurs semaines. La baisse du niveau du Maroni avait déjà conduit les transporteurs fluviaux à réduire le tonnage des marchandises et la capacité de certaines embarcations. Des mesures préventives avaient également été engagées pour renforcer les réserves de carburant dans plusieurs communes de l’intérieur.
Un épisode El Niño d’une intensité exceptionnelle
La situation intervient alors qu’El Niño continue de se renforcer rapidement. L’Organisation météorologique mondiale estime qu’il devrait atteindre son pic vers la fin de l’année 2026 et pourrait compter parmi les épisodes les plus intenses observés depuis le début des relevés modernes.
L’OMM rappelle toutefois que les conséquences d’El Niño diffèrent selon les régions et que les prévisions saisonnières ne permettent pas d’attribuer à elles seules chaque épisode local de sécheresse au phénomène climatique. Elles signalent en revanche un risque accru de perturbations importantes des régimes de précipitations dans plusieurs parties du monde.
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