L’agence tire son nom de l’expression née au XIXe siècle : “Ça fait la rue Michel”, par laquelle les conducteurs de fiacres parisiens signifiaient au client qu’ils venaient de déposer, que le montant de la course était exact.
La Rue Michel a été créée en 2019 par Julien et Lou, frère et soeur et Manu et Jennifer mari et femme. Les binômes se sont rencontrés chez HTC, et si chacun arbore une spécialité : les idées et le digital pour Julien, l’illustration et l’animation 2D pour Manu, l’édition pour Jennifer, la gestion de projet et la relation client pour Lou, la particularité de l’agence “full service” c’est d’aborder chaque brief à quatre. “C’était l’une des
principales motivations à la création de l’agence : supprimer les process superflus, privilégier la communication” explique Lou Wagner.
Au sein de la petite agence cosy du centre-ville, on travaille en face à face pour pouvoir échanger tout au long de la journée. Lorsque cela s’avère opportun, on fait appel à des talents externes. “La production publicitaire d’aujourd’hui requiert le recours à des
savoir-faire ultra spécialisés. Des talents qu’il est cependant difficile d’intégrer, même lorsque l’on est une grosse agence” explique Julien. En fonction des besoins, l’agence se met donc en quête de talents locaux, nationaux et même internationaux. “Et l’on ne s’interdit rien !” confirment Julien et Lou, qui n’hésitent jamais à contacter de “sacrées pointures”, quand bien mêmeles prestations de ces dernières sont souvent hors de portée des budgets réunionnais.
Remettre la créa au centre de la pub
Les campagnes de communication à 360 ° imaginés par la Rue Michel s’adressent à tout type d’annonceur. “Même ceux qui ne disposent pas d’un budget conséquent, mais dont le projet nous paraît intéressant”. Au nombre de ces annonceurs, on trouve par exemple
le groupe mahorais de distribution Cananga exploitant les enseignes Mr Bricolage ou encore Tati, et à La Réunion, des équipementiers sportifs et autres faiseurs de mode : Go Sport, City Sport, Courir… “Des clients qui nous offrent véritablement de nous exprimer. C’est comme ça que nous apprécions de travailler” explique Lou,et d’insister sur l’importance de la relation de confiance pour permettre à la créa de retrouver sa place, au centre de l’activité publicitaire. “Et ça, c’est possible quand il n’y a pas trop de monde dans la boucle. Souvent, les bonnes idées sont celles qui jaillissent dans l’instant. Quand la validation doit passer par cinquante personnes, il y en aura toujours un pour démonter l’idée” s’entendent les créatifs.
Illustration de la spontanéité plébiscitée au sein de l’agence, la campagne “l’amour vaincra”, imaginée pour l’enseigne Courir autour d’un message simple. “Aujourd’hui ce qui est difficile, c’est de faire simple !” rappelle Julien, estimant que lorsque de gros budgets
sont en jeu, l’annonceur pense qu’il doit communiquer un maximum sur sa marque. “Les gens sont soumis à un tel nombre de messages publicitaires dans une journée, que si le message développe plus qu’une idée, cela ne fonctionne tout simplement pas” rappelle le publicitaire.
Spontanéité et sens de l’à-propos
Shootés au Carré Cathédrale, les visuels de “l’amour vaincra” illustrent avec simplicité l’optimisme de rigueur en cette période COVID. “Pour autant, le message est universel. En ce sens, il peut tout autant fonctionner hors période de crise” estime Julien qui voit dans l’actualité un formidable terrain d’expression. “C’est ce qui marche le mieux aujourd’hui” et d’illustrer par la “brillante” campagne réalisée par Burger King en réaction à l’écrasante victoire de Nadal sur Mc Donald. “Je pense que le futur de la pub c’est ça. Des groupes Whatsapp sur lesquels annonceurs et créas sont en contact étroit pour réagir à l’actualité et trouver la bonne idée, sans forcément avoir à attendre la prochaine réunion” conclut-il.

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