Dans un contexte international marqué par un conflit au Moyen-Orient, les marchés mondiaux de l’énergie connaissent depuis plusieurs semaines une hausse importante des prix. La baisse et le blocage de la production dans cette zone ont entraîné une dégradation rapide de la conjoncture énergétique mondiale, avec une augmentation significative des cours des produits pétroliers.
À La Réunion, cette évolution devrait se traduire par une hausse des prix des carburants à compter du 1er avril 2026. Si le territoire a été temporairement préservé en mars grâce au système de fixation administrée des prix, la répercussion des coûts d’approvisionnement interviendra mécaniquement en avril, avec une hausse présentée comme d’une ampleur inédite.
Cette augmentation intervient après plusieurs mois consécutifs de baisse des prix des carburants sur l’île. Elle reflète la dépendance des prix locaux aux dynamiques des marchés internationaux de l’énergie.
Le mécanisme de fixation des prix en vigueur à La Réunion, encadré par l’arrêté ministériel du 5 février 2014, repose sur un système réglementaire visant à garantir la transparence des prix et à encadrer strictement les marges des acteurs de la distribution. Les prix sont déterminés à partir des cotations internationales, ce qui permet de lisser les variations tout en reflétant les tendances de fond.
Depuis le début de la crise, les cotations internationales du sans-plomb et du gazole ont fortement augmenté, respectivement de 75,55 % et 96,07 %, ce qui devrait entraîner une hausse comparable des prix à la pompe. En revanche, les prix du gaz restent globalement stables pour le mois d’avril, les cotations du butane et du propane n’ayant pas été impactées à ce stade. Seule la dépréciation de l’euro face au dollar devrait entraîner une augmentation modérée du prix de la bouteille de gaz.
Les services de l’État indiquent que le dispositif de régulation en vigueur, fondé sur des prix administrés, permet de protéger les consommateurs en limitant les marges des grossistes et des distributeurs. Contrairement à la métropole, aucune taxe n’est prélevée par l’État sur les carburants à La Réunion, ce qui contribue à contenir les prix.
Sur le plan de l’approvisionnement, la préfecture assure qu’il n’existe aucun risque de pénurie, ni pour les carburants ni pour le gaz. Les besoins du territoire sont couverts par des contrats annuels conclus avant le déclenchement de la crise, ainsi que par des flux logistiques réguliers, notamment en provenance d’Asie. L’approvisionnement en gaz repose également sur un contrat avec un fournisseur basé aux États-Unis.
Dans ce contexte, le préfet appelle à éviter les comportements de sur-stockage, susceptibles de perturber les circuits de distribution. Il précise que la hausse des prix prévue au 1er avril correspondra strictement à l’évolution des coûts d’approvisionnement et ne bénéficiera ni aux grossistes ni aux détaillants, dont les marges resteront inchangées. Le niveau exact de cette hausse doit être communiqué par la préfecture au plus tard le 30 mars 2026. Les services de l’État indiquent rester mobilisés pour suivre l’évolution de la situation internationale et ses répercussions locales.
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