À la suite du communiqué publié le 23 mars par la ministre de l’Agriculture, les Jeunes Agriculteurs Réunion ont adressé un courrier au préfet et au directeur de la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DAAF) afin de demander des précisions sur la mise en œuvre des mesures annoncées à La Réunion.
Ces dispositifs, qui comprennent notamment le report de cotisations sociales, l’étalement des échéances fiscales, la mise en place de prêts de trésorerie via Bpifrance ainsi que la recherche d’accords avec les banques et les distributeurs, visent à accompagner les exploitations agricoles confrontées à la hausse des prix des engrais et du carburant. Les Jeunes Agriculteurs Réunion s’interrogent toutefois sur leur déclinaison concrète dans le territoire. Ils demandent si ces mesures seront appliquées à La Réunion ou, le cas échéant, quelles adaptations sont envisagées pour tenir compte des spécificités locales.
Dans leur courrier, ils rappellent que les exploitations réunionnaises font face à des contraintes structurelles et conjoncturelles, notamment liées à l’insularité, qui entraîne des surcoûts sur les intrants, ainsi qu’à une forte dépendance aux importations, en particulier pour les engrais et les carburants. À ces difficultés s’ajoutent l’exposition aux aléas climatiques, tels que les sécheresses et les cyclones, ainsi que les conséquences de la guerre en Ukraine sur les prix des intrants et les tensions géopolitiques récentes au Moyen-Orient.
Dans ce contexte, les marges des exploitations sont décrites comme fragilisées, voire inexistantes pour certaines. "Les dispositifs nationaux doivent être pleinement déclinés dans notre territoire, ou faire l’objet d’adaptations équivalentes garantissant le même niveau de soutien", indique Guillaume Sellier, président des Jeunes Agriculteurs Réunion. Il ajoute que ces mesures sont nécessaires pour assurer la continuité de l’activité agricole, la souveraineté alimentaire et la pérennité des filières.
L’organisation souligne qu’il ne serait pas acceptable que les territoires ultramarins soient exclus de ces dispositifs et indique rester disponible pour échanger avec les services de l’État afin de définir des réponses adaptées aux réalités du terrain.
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