Le président du Département de La Réunion, Cyrille Melchior, exprime sa vive préoccupation face à l’annonce d’une diminution des crédits de la Ligne Budgétaire Unique (LBU), dispositif dédié au financement du logement et de l’amélioration de l’habitat en Outre-mer, dans un contexte local marqué par de fortes tensions sociales et une demande croissante.
Les niveaux envisagés pour 2026 pourraient marquer une baisse très significative par rapport aux années précédentes, avec une enveloppe estimée autour de 27 millions d’euros, contre plus de 85 millions d’euros en 2024 et environ 80 millions d’euros en 2025. Cette évolution suscite des inquiétudes quant à ses conséquences sur les politiques publiques du logement à La Réunion.
Une telle diminution des crédits pourrait entraîner des répercussions économiques importantes. Le Département estime que le secteur du BTP pourrait être directement impacté, avec un risque de perte compris entre 8 000 et 10 000 emplois directs et indirects, générant un effet récessif immédiat sur l’économie locale.
La situation du logement sur le territoire reste particulièrement tendue. À La Réunion, le vieillissement de la population, la précarité économique et les difficultés d’accès au logement accentuent la pression sur les dispositifs publics. Plus de 53 000 demandes de logements sociaux sont actuellement en attente, près de 20 000 logements nécessitent des interventions, et plus de 100 000 ménages sont concernés par des difficultés d’accès ou d’adaptation du logement.
Dans ce contexte, la LBU constitue un levier central pour lutter contre l’habitat indigne, accompagner l’adaptation des logements au vieillissement et à la perte d’autonomie, soutenir les ménages les plus vulnérables et maintenir l’activité économique du secteur du bâtiment. Au niveau départemental, de nombreux projets sont prêts à être engagés, tant en construction neuve qu’en réhabilitation, traduisant une capacité opérationnelle immédiate des acteurs locaux. Près de 400 opérations d’amélioration de l’habitat ont déjà été réalisées avec l’appui de la LBU, contribuant à améliorer concrètement les conditions de vie de nombreux ménages.
La réduction des moyens alloués à cette politique pourrait avoir des conséquences directes, notamment le ralentissement des opérations de réhabilitation, le maintien de situations d’insalubrité, la fragilisation des entreprises locales et l’aggravation des inégalités territoriales.
Face à cette situation, le Département indique avoir engagé une réorganisation de sa politique d’amélioration de l’habitat, axée sur la performance des dispositifs, la maîtrise des coûts et la mobilisation de cofinancements, afin d’optimiser les ressources disponibles et de répondre plus efficacement aux besoins du territoire. Toutefois, ces efforts nécessitent un engagement de l’État. Le Département a saisi le Premier ministre par courrier, avec copie au ministre des Outre-mer et au ministre du Logement, afin de l’alerter sur les conséquences concrètes de cette baisse pour La Réunion.
Le président Cyrille Melchior appelle à la sécurisation des crédits de la LBU, à une visibilité claire sur les enveloppes pour 2026 et à une prise en compte des réalités spécifiques des territoires ultramarins. "Au-delà des enjeux budgétaires, il s’agit d’une question de dignité, de solidarité et de responsabilité collective. Le Département restera pleinement engagé pour défendre une politique de l’habitat ambitieuse, au service des populations les plus fragiles", précise Cyrille Melchior, président du Département.
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