
La députée Karine Lebon demande au ministre du Logement Vincent Jeanbrun d’accélérer l’instauration de l’encadrement des loyers à Saint-Paul et à La Possession. Dans un courrier daté du 26 octobre, l’élue alerte sur des prix devenus difficilement compatibles avec les revenus de nombreux ménages.
Les données de l’Observatoire des loyers privés de La Réunion font apparaître de fortes disparités. En 2024, le loyer médian mensuel hors charges oscillait entre 11 et 13,70 euros par mètre carré à Saint-Paul. À La Possession, il variait de 10,30 à 13,70 euros, contre une médiane de 10,90 euros à l’échelle de l’île.
Dans les secteurs les plus chers des deux communes, un logement de 60 mètres carrés pouvait ainsi atteindre 822 euros mensuels hors charges. À cette dépense s’ajoutent l’énergie, l’alimentation, les déplacements et les autres charges supportées par les familles réunionnaises.
Le dispositif demandé repose sur la loi du 13 juin 2025, qui autorise les collectivités ultramarines relevant de l’article 73 de la Constitution à expérimenter l’encadrement des loyers pendant cinq ans. Le Territoire de l’Ouest, Saint-Paul et La Possession ont transmis leurs candidatures aux services de l’État le 7 mai 2026.
L’instruction se poursuit auprès de la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et des paysages. Aucune demande de pièce complémentaire n’aurait été formulée à ce stade. Karine Lebon estime que l’attente reporte la "protection attendue par les locataires" et réduit la durée pendant laquelle l’expérimentation pourra réellement produire ses effets.
La députée réclame désormais un "calendrier précis" et une réponse favorable aux deux candidatures. L’étape suivante consisterait à publier un décret définissant les périmètres concernés, puis les arrêtés préfectoraux nécessaires à l’application du dispositif.
L’encadrement des loyers ne remplacerait pas la construction de logements sociaux ni la réhabilitation du parc existant. Il permettrait toutefois de limiter certains niveaux de prix durant le déploiement de ces politiques. L’élue demande également à l’État de prévoir les moyens nécessaires pour collecter les données, informer locataires et propriétaires et contrôler l’application des nouvelles règles.
Mémento


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