Le Centre régional de coordination des opérations (CRCO) a annoncé le succès de l’opération « Baldor », une opération multinationale de sécurité maritime menée du 9 au 17 avril 2026 dans le sud-ouest de l’océan Indien, ayant permis la saisie de 271 kg de stupéfiants. Cette intervention s’inscrit dans le cadre de l’Architecture régionale de sécurité maritime (ARSM), au titre du programme « Safe Sea Africa » (SSA), soutenu par l’Union européenne et mis en œuvre par la Commission de l’océan Indien (COI).
L’opération a été conduite par la France en partenariat avec la République des Seychelles et la République de Maurice. Elle mobilisait plusieurs acteurs régionaux dans un dispositif coordonné visant à lutter contre les réseaux criminels organisés transnationaux opérant dans la zone.
Le mercredi 16 avril 2026, un navire de la Marine nationale, engagé dans le dispositif des forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI), a procédé à l’interception d’un cargo en provenance du nord de l’océan Indien. À bord, 271 kg de drogues ont été saisis, comprenant de la méthamphétamine, de l’héroïne et du cannabis. Les substances ont été saisies en vue de leur destruction par les autorités françaises, conformément aux lois en vigueur.
Le navire suspect faisait l’objet d’une surveillance depuis la fin du mois de mars, intensifiée à partir du 9 avril, date de son entrée dans la zone économique exclusive des Seychelles. Au cours de son passage à proximité de l’archipel, la force aérienne des Seychelles a effectué plusieurs missions de patrouille maritime afin de localiser précisément le bâtiment et de collecter des informations en vue de son interception.
Lorsque le navire est entré dans la zone économique exclusive de Maurice, la surveillance a été relayée par les garde-côtes mauriciens. Le Maritime Air Squadron a mené plusieurs sorties pour assurer le suivi, le marquage du navire et l’assistance lors de l’interception.
Le bâtiment, dont les caractéristiques laissaient présumer une implication dans un trafic de stupéfiants, a été intercepté conformément au droit international et aux responsabilités de la Marine nationale française. Cette opération s’appuie sur la coordination régionale instaurée depuis 2018 dans le cadre de l’ARSM sous l’égide de la Commission de l’océan Indien.
Les autorités soulignent que l’analyse des flux maritimes met en évidence une adaptation constante des réseaux de trafic de stupéfiants, avec l’émergence de nouveaux modes opératoires et de nouvelles substances illicites.
Cette opération, par l’implication simultanée de la France, des Seychelles et de Maurice et par le type de navire intercepté, est présentée comme une intervention d’ampleur au niveau régional. Elle illustre la complémentarité des moyens engagés par les États participants sous la coordination du CRCO. "Le CRCO est là pour faciliter les relations entre les pays, mais c’est en premier aux États que revient le crédit de ce succès opérationnel qui en appelle d’autres pour l’avenir", indique le major Gérald Wong-Pool, directeur du CRCO.
En octobre précédent, le CRCO avait déjà coordonné l’opération « Bahari Safi », impliquant les Seychelles et le Kenya, qui avait permis la saisie de près d’une tonne de drogue à bord d’un boutre.
Le CRCO et le Centre régional de fusion d’information maritime (CRFIM) ont salué le professionnalisme, la coopération et la mobilisation des pays participants dans la lutte contre les réseaux criminels opérant dans l’océan Indien occidental.
memento.fr


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