Airbags Takata : le gouvernement oblige les constructeurs à prêter des véhicules de remplacement

Les airbags dangereux étant remplacés trop lentement et risquant de causer de nouvelles victimes, le gouvernement a annoncé mardi des mesures pour forcer les constructeurs à accélérer les réparations sans pénaliser les clients. Les entreprises automobiles vont devoir proposer des « solutions de mobilité » à leurs clients immobilisés plus de 15 jours par des airbags dangereux de marque Takata, comme le prêt d’un véhicule de remplacement, a indiqué le ministère des Transports.

Ces véhicules visés par un « stop drive » devront être réparés en moyenne 15 jours après la prise de rendez-vous sous peine d’« astreintes élevées », a précisé le ministère. À cause d’un gaz qui vieillit mal, ces équipements de sécurité, censés protéger les passagers en cas de choc, peuvent exploser, notamment dans les climats chauds et humides, en projetant des pièces au visage des conducteurs.

Les constructeurs doivent aussi proposer des rendez-vous de réparation à domicile, ou remorquer le véhicule dangereux jusqu’au garage, selon un arrêté qui doit être publié mercredi au Journal officiel. Quelque 1,7 million de véhicules font actuellement l’objet en France d’un rappel « stop drive », qui implique de ne plus rouler avant le remplacement (gratuit) des airbags du véhicule.

La plupart des constructeurs sont concernés, de Citroën à Volkswagen en passant par Mercedes, à l’exception du groupe Renault qui avait choisi une autre technologie. S’ils n’ont pas déjà été contactés par courrier, les automobilistes doivent vérifier sur le site du constructeur de leur véhicule si celui-ci est concerné, avec son numéro VIN, indiqué sur la carte grise.

- Carences -

Mais les véhicules concernés et leurs propriétaires restent trop difficiles à identifier, notamment à cause des carences du fichier des immatriculations (SIV) « qui ne permet pas de retrouver les propriétaires concernés », selon un rapport publié mardi par l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD). Plus de dix ans après le début du scandale aux États-Unis et de nombreux accidents mortels, « les rappels ne sont pas terminés » et « un certain nombre de ruptures vont continuer à se produire », ont alerté les experts de l’IGEDD lors d’une conférence de presse.

En métropole, les taux de réparation n’atteignent 90 % pour les meilleurs des constructeurs qu’après quatre ou cinq ans, tandis que d’autres dépassent à peine les 40 %, selon le rapport. L’arrêté du ministère confirme que toutes les voitures concernées équipées d’airbags considérés à risque en Corse et en Outre-mer doivent être immobilisées, ainsi que les voitures datant d’avant 2011 sur le territoire métropolitain hors Corse.

Le ministère a aussi confirmé le rappel général de toutes les voitures équipées d’un airbag à risque partout en France, soit 600 000 véhicules supplémentaires, mais sans immobilisation. Il demande aussi la mise en place de programmes de surveillance et de rappels à moyen terme pour des airbags de technologie similaire équipés d’un absorbeur d’humidité, qui limite le vieillissement de l’airbag.

- Astreintes -

Dans le détail, les constructeurs ont vingt jours à partir de mercredi pour transmettre à l’État un premier rapport hebdomadaire recensant les actions qu’ils auront engagées et mettre en place les mesures d’accompagnement. À compter du 19 août, pour chaque véhicule sous stop drive, les constructeurs auront l’obligation de proposer un rendez-vous dans les deux mois qui suivent au maximum.

Si le rendez-vous n’est pas possible dans les 15 jours, les constructeurs doivent proposer aux automobilistes un véhicule de courtoisie (un véhicule d’occasion de leur stock par exemple) ou le financement d’un moyen de transport équivalent, comme un véhicule de location. En cas de manquement, les constructeurs ont une semaine pour mettre en place des actions correctives, sous peine d’une astreinte d’un million d’euros par semaine de retard.

Les constructeurs sont également tenus de lancer – pour l’équivalent de 5 euros par voiture tous les quatre mois – des campagnes « régulières » à la radio ou par affichage pour informer leurs clients, mais aussi « des actions de prospection au porte-à-porte et de démarchage de rue dans les départements et régions d’Outre-mer », où les rappels patinent.


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