Depuis quelques jours, les réseaux sociaux évoquent les difficultés rencontrées par Air Austral en Afrique du Sud. Certains y voient déjà un problème de taxes impayées. Une lecture hâtive, et surtout erronée au regard des éléments qui circulent. Le sujet est tout autre que celui raconté en ligne. Air Austral se heurterait en réalité à une modification de la procédure sud-africaine d’obtention du FOP, pour Foreign Operator Permit.
Ce permis est indispensable à toute compagnie étrangère souhaitant exploiter des vols commerciaux vers l’Afrique du Sud. Sans lui, impossible d’opérer normalement. Depuis la semaine dernière, Air Austral tenterait d’obtenir ce précieux sésame dans un environnement administratif sud-africain devenu particulièrement complexe. Selon les informations que le Mémento a pu obtenir, la compagnie ferait face à une administration peu coopérative, au point d’avoir sollicité l’appui de l’ambassade de France et de la DTA pour tenter de faire avancer son dossier.
Le noeud de l’affaire est donc administratif, réglementaire, presque diplomatique dans sa gestion. Pas fiscal. À ce stade, les éléments communiqués ne pointent pas un quelconque retard de paiement de taxes, mais bien une difficulté liée à une nouvelle procédure et à son application concrète. Dans un contexte où la moindre rumeur prospère à grande vitesse, la confusion entre un blocage administratif et une supposée faute financière peut rapidement abîmer l’image d’une compagnie. Or, dans le cas présent, la situation semble relever d’un changement de règles et d’un dialogue compliqué avec l’administration sud-africaine.
Air Austral ne serait pas empêtrée dans une affaire de taxes impayées, mais dans un bras de fer administratif autour d’un permis indispensable à ses opérations. Une différence de taille, que les réseaux sociaux ont manifestement eu tendance à effacer un peu trop vite.
memento.re

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