Plusieurs organisations économiques et institutionnelles réunionnaises ont exprimé leur inquiétude face à la situation actuelle autour de l’URCOOPA, appelant à une mobilisation collective pour préserver cet acteur structurant de la filière agricole.
Le MEDEF Réunion souligne le rôle central de l’URCOOPA dans l’économie locale, au service des agriculteurs, de l’organisation des filières et des consommateurs. L’organisation patronale estime que la situation actuelle ne doit pas faire oublier la valeur de cet outil et appelle à dépasser les tensions pour engager un dialogue, notamment sur les questions de gouvernance et d’actionnariat. Elle réaffirme également son attachement à une souveraineté économique ancrée sur le territoire et indique se tenir à disposition pour accompagner la recherche de solutions.
« L’enjeu est clair : permettre à cet outil stratégique de continuer à vivre, à se transformer si nécessaire, mais surtout à poursuivre sa mission au service de La Réunion », indique Katy Hoarau, présidente du MEDEF Réunion. « Parce que, sur une île comme la nôtre, chaque outil structurant compte. Et que préserver ce qui nous rend plus forts collectivement est une responsabilité partagée », précise-t-elle.
De son côté, la CPME Réunion alerte sur les conséquences concrètes du conflit en cours, notamment sur les exploitations agricoles. L’organisation évoque des perturbations dans la production et la livraison d’aliments pour bétail, susceptibles de fragiliser des structures déjà vulnérables. Elle souligne également les risques pour les jeunes agriculteurs, particulièrement exposés en raison de leur niveau d’endettement et de la fragilité de leurs modèles économiques.
« Ne rajoutons de l’instabilité à l’instabilité pour nos exploitants pays. On ne peut pas parler de souveraineté alimentaire si, à l’échelle de notre île, nous laissons nos outils de coopération s’effondrer sous le poids de conflits internes », déclare le président de la CPME Réunion, Pascal Plante. « Une exploitation qui disparaît est une perte irréparable pour le territoire. L’urgence est à l’apaisement », ajoute-t-il.
La CPME appelle notamment à sécuriser les circuits de livraison afin d’assurer l’approvisionnement des exploitations, à reprendre un dialogue entre les parties prenantes et à garantir une transparence sur les perspectives de redressement.
Le Département de La Réunion a également réagi à la situation. La collectivité, en charge de l’agriculture, appelle à l’apaisement et à la recherche rapide de solutions concertées. « Il est absolument nécessaire de préserver la continuité de l’approvisionnement en aliments pour les éleveurs, afin de garantir la pérennité des exploitations agricoles », indique Cyrille Melchior, président du Conseil départemental. « Il en va également de la non-rupture de fourniture des produits pour les consommateurs, qui ne doivent pas être les otages de cette crise », précise-t-il.
Le président du Département attire par ailleurs l’attention sur les enjeux sociaux liés à la situation, rappelant que près de 1 200 emplois sont concernés. « Une attention particulière doit être portée à la situation sociale, afin qu’aucune conséquence ne pèse sur les salariés des entreprises et organismes concernés », souligne Cyrille Melchior. Dans un contexte international incertain, susceptible d’avoir des répercussions sur l’approvisionnement en intrants, il appelle à la solidarité de l’ensemble des acteurs du monde agricole. « Il est impératif que l’ensemble des acteurs fasse preuve de solidarité et d’unité pour surmonter cette période difficile », indique-t-il.
Dans ce contexte, la nouvelle gouvernance de l’URCOOPA annonce le lancement d’états généraux de la filière agricole réunionnaise. Cette démarche sera accompagnée par Dominique Perben, ancien ministre des Départements et Territoires d’Outre-Mer et ancien Garde des Sceaux, aujourd’hui avocat. Sa mission consistera à contribuer à une réflexion collective associant l’ensemble des acteurs du secteur, dans une logique de structuration et d’apaisement.
Les dirigeants Olivier Boyer et Florent Malet appellent ainsi les pouvoirs publics, les organisations professionnelles, syndicales et interprofessionnelles, ainsi que l’ensemble des acteurs de la filière, à se mobiliser pour soutenir cette démarche, présentée comme un levier pour renforcer la cohésion du secteur agricole et la souveraineté alimentaire du territoire.
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