Face à la hausse des prix des énergies fossiles, des produits raffinés et des intrants agricoles dans un contexte international tendu, le Gouvernement a annoncé la mise en place d’un plan de soutien immédiat à l’activité économique. Ce dispositif, estimé à près de 70 millions d’euros, s’appliquera sur le mois d’avril 2026 et cible les secteurs les plus impactés.
L’objectif affiché est de soutenir rapidement les activités directement touchées, tout en assurant le bon fonctionnement de l’économie et en préparant une réduction à long terme de la dépendance aux hydrocarbures importés. Ces mesures temporaires seront complétées par un plan d’électrification des usages, annoncé pour la semaine suivante, dans la continuité de la Programmation pluriannuelle de l’énergie présentée le 13 février 2026.
Le plan prévoit notamment une aide exceptionnelle pour les TPE et PME du transport routier, confrontées à des difficultés de trésorerie. Cette enveloppe, estimée à 50 millions d’euros, prendra la forme d’une aide forfaitaire équivalente à 20 centimes par litre de carburant. Elle concerne les entreprises du transport de marchandises et de voyageurs, avec la mise en place d’un guichet dédié dont les modalités seront précisées ultérieurement.
Le secteur de la pêche bénéficiera également d’un soutien spécifique, estimé à 5 millions d’euros, sous la forme d’un remboursement équivalent à 20 centimes par litre de carburant. Cette mesure vise à compenser le poids de l’énergie, qui peut représenter jusqu’à 35 % des coûts de production, et à permettre la continuité de l’activité des navires.
Du côté de l’agriculture, le Gouvernement prévoit une exonération totale du droit d’accise sur le gazole non routier (GNR) pour le mois d’avril 2026, pour un coût estimé à 14 millions d’euros. Cette mesure vise à soutenir les exploitations confrontées à la hausse des coûts énergétiques. Elle s’accompagne d’une demande de suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières sur les engrais, ou à défaut d’une compensation, afin de préserver la compétitivité des filières.
En complément, des mesures transversales sont prévues pour soutenir la trésorerie des entreprises des secteurs concernés, notamment le report de cotisations sociales et l’étalement des échéances fiscales sans pénalité. Un dispositif de prêts « Boost carburants », opéré par Bpifrance, permettra également aux TPE d’accéder à des financements de court terme allant jusqu’à 50 000 euros.
Le Gouvernement met également en avant des mécanismes de solidarité entre acteurs économiques. Il appelle à une vigilance accrue sur les délais de paiement entre donneurs d’ordre et fournisseurs, avec l’appui du Médiateur des entreprises. Le secteur bancaire est invité à proposer des mesures de souplesse dans les contrats de crédit, tandis que des dispositifs d’accompagnement sont mobilisés pour les entreprises en difficulté, notamment via les conseillers départementaux et les dispositifs de restructuration.
Cette crise intervient dans un contexte de volatilité des prix de l’énergie, liée notamment au blocage du détroit d’Ormuz et à des perturbations de production dans certains pays du Golfe. Pour en limiter les effets, le Gouvernement indique poursuivre plusieurs actions, dont la mobilisation des stocks stratégiques, l’augmentation des capacités de raffinage et la coordination avec les distributeurs pour assurer la transparence des prix.
memento.fr

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