Le Parc national de la Guadeloupe présente son rapport d’activités 2025 comme le bilan d’une année de transition. Derrière les opérations de suivi et de protection de la biodiversité, l’établissement semble surtout avoir consacré l’exercice à définir les priorités qui guideront son action dans les années à venir.
L’adoption de la Politique scientifique 2025-2038 constitue l’un des marqueurs de cette période. Le document fixe les orientations de recherche pour les quinze prochaines années et entend rapprocher la connaissance scientifique, les savoirs locaux et les décisions publiques. L’évaluation de la Charte du territoire, adoptée quinze ans plus tôt, doit également alimenter le futur projet d’établissement.
Le rapport fait apparaître une activité de terrain importante. Les équipes ont recensé 1 176 observations naturalistes et produit près de 6 000 données. Les suivis concernent les récifs, les herbiers marins, les rivières, les zones humides et plusieurs espèces protégées. Sept programmes scientifiques ont été conduits dans les espaces marins.
Cette connaissance semble être mise au service d’interventions plus ciblées. À Golconde, le Parc a poursuivi la restauration d’une forêt marécageuse fragilisée par une espèce envahissante. Aux Îlets Pigeon, le projet ReCorEA a réuni les acteurs de la plongée, de la pêche, du tourisme et des collectivités afin de préparer la gestion de ces espaces. Près de 100 actions ont été élaborées dans ce cadre.
L’établissement a aussi entretenu 172 mouillages écologiques et engagé 17 procédures judiciaires à la suite d’atteintes aux patrimoines naturels. Ces chiffres traduisent une présence qui ne se limite pas à l’observation et à la sensibilisation.
Le rapport insiste aussi sur le rôle économique et social de la protection de l’environnement. Une étude citée par le Parc estime qu’un euro investi dans l’établissement génère près de 30 euros de valeur pour le territoire. Cette évaluation reste à lire avec prudence, mais elle témoigne d’une volonté de placer les écosystèmes dans le débat sur le développement de l’archipel.
La démarche DJENM, consacrée aux liens entre biodiversité, alimentation et agriculture, et l’appel à projets Laliwondaj illustrent cette orientation. Depuis sa création, ce dernier a soutenu 365 projets pour 1,75 million d’euros de financements.
L’action éducative demeure un autre pilier. En 2025, 4 363 élèves ont été sensibilisés, 7 490 personnes ont participé aux animations Nature et Culture en Découverte et 635 624 visiteurs ont été accueillis sur les principaux sites du Parc.
Le rapport laisse ainsi apparaître un établissement qui cherche à élargir son rôle. La protection des espaces naturels reste sa mission première, mais elle est désormais pensée avec les collectivités, les habitants, les associations et les activités économiques locales.
Mémento

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