Le tribunal administratif de Mayotte a suspendu, le 31 juillet 2026, l’autorisation environnementale accordée à l’usine de dessalement d’Ironi Bé. L’État et le syndicat mixte Les Eaux de Mayotte disposent de six mois pour régulariser trois illégalités relevées par la juridiction.
Le tribunal avait été saisi en septembre 2025 par Mayotte Nature Environnement, France Nature Environnement et le Groupe d’études et de protection des oiseaux à Mayotte (Gepomay). Les associations contestent l’autorisation délivrée le 3 juillet 2025 au syndicat mixte Les Eaux de Mayotte (LEMA).
La juridiction a décidé de surseoir à statuer sur leur recours afin de permettre au préfet de Mayotte et au syndicat des eaux de corriger les irrégularités identifiées. L’autorisation restera suspendue jusqu’à la délivrance éventuelle d’une mesure de régularisation.
Des mesures environnementales jugées insuffisantes
Le jugement relève un défaut d’information du parc naturel marin concernant les molécules chimiques qui seront rejetées dans le lagon. Il considère également que les mesures destinées à compenser la destruction de zones humides sont insuffisantes.
Le tribunal pointe par ailleurs l’absence d’un écran contre les matières en suspension pendant les travaux en mer et de mesures de protection du palétuvier gros poumon, un arbre de mangrove menacé.
Les associations demandent l’annulation de l’arrêté environnemental et la démolition des ouvrages déjà réalisés. Elles contestent notamment le rejet de saumure, un concentré de sel qui menacerait, selon elles, des espèces marines et la mangrove voisine.
Une capacité prévue de 10 000 m3 par jour
En construction sur la côte est de Grande-Terre, l’île principale de Mayotte, l’installation doit devenir la deuxième usine de dessalement du département après celle de Petite-Terre. Sa capacité de production annoncée atteint 10 000 m3 d’eau potable par jour.
L’usine doit rejeter ses eaux et de la saumure dans le lagon de Mayotte, connu pour sa biodiversité. Sa construction vise à renforcer un réseau confronté depuis plusieurs années à des coupures d’eau récurrentes, liées au manque d’infrastructures et à l’aggravation des sécheresses.
La crise de l’eau avait culminé à la fin de l’année 2023. La population avait alors été rationnée pendant plusieurs mois, avec une distribution limitée à un jour sur trois dans certains secteurs du département.
memento.yt

0 COMMENTAIRE(S)