

Visites de terrain, développement économique, eau, numérique, nouvelle identité et attractivité. Pour sa rentrée, la CIREST a choisi de quitter le traditionnel rendez-vous en salle et d’emmener la presse sur le territoire. Le Mémento était présent lundi 31 août aux côtés du président Joé Bédier, des maires et des vice-présidents pour cette première séquence d’une gouvernance qui veut désormais rendre son action beaucoup plus visible.
La rentrée de la CIREST s’est faite sur la route. De Saint-Benoît à La Plaine-des-Palmistes, les élus communautaires ont choisi de montrer avant de commenter. Un jardin partagé avec compostage en pied d’immeuble, un Ecobox transformé en coffee shop, les perspectives de transformation du centre-ville de La Plaine-des-Palmistes puis l’unité de potabilisation de l’eau ont constitué les différentes étapes d’un après-midi voulu comme une démonstration grandeur nature des compétences de l’intercommunalité.
Une manière aussi, pour Joé Bédier, d’installer la nouvelle gouvernance dans un registre très concret. "Nous entrons dans une nouvelle étape", a déclaré le président de la CIREST, qui entend désormais rendre l’établissement public "plus visible, plus proche, plus facilement identifiable par les habitants de nos six communes".
Cette recherche de proximité passera notamment par le numérique. La collectivité prévoit davantage de démarches accessibles en ligne, des services simplifiés et le développement d’une application mobile. "Le numérique ne doit évidemment pas éloigner la collectivité de l’habitant. Au contraire, il doit permettre de nous rapprocher davantage", insiste Joé Bédier.
Autre chantier annoncé, la marque même de la CIREST. Une réflexion sur son identité et son rebranding est engagée. Le président prévient qu’il ne s’agit "pas simplement de changer un logo", mais de travailler sur la perception du territoire auprès des habitants comme des entreprises, investisseurs et partenaires.
L’Est possède des arguments, mais ses élus estiment qu’ils restent insuffisamment valorisés. "Notre territoire possède des atouts considérables. Il faut désormais mieux les montrer, mieux les valoriser et mieux les faire rayonner", affirme Joé Bédier.
La communication devient ainsi l’un des instruments d’une stratégie beaucoup plus large où se côtoient développement économique, tourisme, habitat, mobilités, environnement et gestion de l’eau.
Sur le volet économique, Patrice Selly veut transformer les disponibilités foncières et les compétences présentes dans l’Est en emplois et en investissements.
"L’Est a du foncier, des talents, des entreprises. Il y a un potentiel économique qui est considérable", défend le premier vice-président. La priorité consiste désormais à "transformer ces atouts en activité et en emplois", en facilitant l’installation de nouvelles sociétés tout en donnant davantage de moyens à celles déjà implantées.
La zone d’activités de Paniandy à Bras-Panon figure parmi les dossiers emblématiques de cette stratégie. Longtemps attendue, son extension avance avec l’aménagement de nouvelles parcelles destinées aux entreprises. La CIREST souhaite y construire une offre foncière mieux structurée dans un contexte où le terrain économique disponible reste une denrée rare à La Réunion.
Paniandy sert également de laboratoire environnemental. Le projet privilégie une gestion intégrée des eaux pluviales, avec infiltration au plus près du point de chute, noues végétalisées, espaces verts et chaussées réservoirs. Un parti pris destiné à diminuer le recours aux réseaux traditionnels d’évacuation et à mieux absorber les épisodes pluvieux.
Pour Patrice Selly, Paniandy doit ainsi devenir à la fois "une zone économique attractive" et la démonstration qu’il est possible "d’aménager autrement".
La nouvelle gouvernance veut également exploiter davantage le régime renforcé de zone franche dont bénéficient les six communes de l’Est. Exonérations fiscales, CFE ou taxe foncière sur les propriétés bâties doivent, selon la CIREST, donner de nouvelles marges aux entreprises pour investir et embaucher.
Mais les élus veulent déjà aller plus loin. Patrice Selly souhaite notamment défendre auprès de l’État un élargissement du dispositif à certaines activités aujourd’hui exclues, citant les commerçants et les professions libérales.
La prochaine bataille pourrait se jouer lors des discussions autour du projet de loi de finances pour 2027, avec également la volonté d’obtenir des mesures concernant les charges sociales. "C’est une demande forte de nos entreprises", souligne Patrice Selly.
L’intercommunalité veut parallèlement multiplier les solutions immobilières de proximité pour les petites entreprises et les artisans. Les Ecobox, dont l’un des derniers exemples a été présenté à La Plaine-des-Palmistes au cours de la visite, illustrent cette politique. Le développement économique de l’Est ne doit pas, selon les élus, se limiter aux grandes zones d’activités mais permettre à de petites structures de trouver des locaux accessibles à proximité des bassins de vie.
La visite de l’unité de potabilisation de La Plaine-des-Palmistes a également rappelé une autre urgence. La sécurisation de la ressource en eau demeure l’un des dossiers majeurs du territoire.
Joé Bédier rassemble d’ailleurs sous une même ligne les questions d’eau, d’environnement, de mobilité, d’économie, de tourisme, d’habitat et d’aménagement. "Ce sont des sujets très différents, mais ils répondent tous à une même ambition, améliorer concrètement le quotidien des habitants et préparer l’avenir de notre territoire."
Reste la question des moyens. Le président assure que la situation financière de l’intercommunalité permet de maintenir l’investissement tout en préservant une gestion maîtrisée. Sa ligne consiste à "investir dans des services et des équipements utiles à la population, tout en conservant une gestion responsable".
Après le changement de présidence et l’installation de la nouvelle équipe communautaire, la CIREST cherche ainsi à ouvrir une autre séquence. Moins institutionnelle dans sa présentation, davantage tournée vers le terrain et avec une volonté revendiquée de faire de l’Est un territoire économique plus identifiable à l’échelle réunionnaise.
La visite du 31 août avait précisément cette vocation. Montrer que derrière les compétences parfois difficiles à identifier d’une intercommunalité se trouvent des réalisations très quotidiennes, de l’eau du robinet aux locaux des petites entreprises, en passant par l’environnement, l’emploi et les services numériques.
Mémento

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