Le projet de nouvel aéroport de Mayotte franchit une nouvelle étape, tout en continuant d’alimenter les inquiétudes locales. Prévu à Bouyouni, dans le nord de Grande-Terre, l’équipement doit permettre de dépasser les limites techniques de l’actuel aéroport de Dzaoudzi.
Le futur site a été retenu en décembre 2025 pour sa situation « loin du littoral et en altitude ». Cette localisation est présentée comme un moyen de protéger l’infrastructure des risques naturels et de préserver les milieux sensibles du lagon et du littoral.
Le 17 avril, un décret a classé « le projet d’aérodrome de Bouyouni/M’Tsangamouji » parmi les aéroports de catégorie A, les plus importants. Cette étape ouvre la voie à l’enquête publique, tandis que la déclaration d’utilité publique est attendue avant la fin du second semestre.
Le projet est évalué à « 1,2 milliard d’euros » et vise une mise en service en 2036. L’aéroport actuel de Dzaoudzi dispose d’une piste de « 1 930 m », jugée trop courte pour permettre aux gros-porteurs de décoller à pleine charge. Le futur équipement prévoit une piste de « 2 730 m ».
L’hypothèse d’un allongement de la piste actuelle a longtemps été envisagée, mais les contraintes géologiques, urbaines et environnementales ont conduit l’État à privilégier un nouveau site. À Dzaoudzi, l’aéroport est enclavé entre zones urbaines et lagon. L’activité sismique autour de Petite-Terre constitue aussi un argument supplémentaire en faveur d’un déplacement.
Le projet suscite toutefois une forte opposition. Les infrastructures prévues empiéteraient sur « 490 ha », dont « 369 ha de zones agricoles ». Des agriculteurs dénoncent une atteinte à des terres fertiles, au moment où Mayotte cherche à renforcer son autonomie alimentaire.
Les inquiétudes portent également sur la présence de nappes phréatiques sous le site, dans un territoire confronté à une pénurie d’eau chronique. À Petite-Terre, la perspective du transfert de l’aéroport fait craindre la perte d’une partie de l’activité économique liée à l’infrastructure actuelle.
Le gouvernement prévoit la maîtrise du foncier pour fin 2028, avec des travaux devant commencer début 2027. Le calendrier reste toutefois incertain dans un territoire où les expropriations et les conflits de propriété peuvent rallonger considérablement les délais.
Mémento


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