Confrontée à une forte diminution des contrats Parcours Emploi Compétences (PEC), la Ville de Saint-Denis a choisi de financer elle-même le recrutement de 350 agents afin de garantir la continuité du service dans les écoles. Une décision qui représente un effort budgétaire supplémentaire de plusieurs millions d'euros.
La réduction des contrats Parcours Emploi Compétences (PEC) oblige les collectivités à revoir leur organisation. À Saint-Denis, où ces contrats contribuent largement au fonctionnement quotidien des établissements scolaires, la baisse des effectifs a conduit la municipalité à élaborer une solution de financement exceptionnelle.
Jusqu'à présent, la Ville s'appuyait sur 520 contrats PEC. À la rentrée, elle n'en disposera plus que de 350, sous réserve de parvenir à recruter des bénéficiaires répondant aux nouveaux critères d'éligibilité. En effet, désormais, les candidats doivent notamment justifier de deux années consécutives de chômage, une condition qui réduit fortement le vivier disponible. Résultat : sur les 323 personnes reçues par les services municipaux, seules 58 sont aujourd'hui éligibles.
Pour Ericka Bareigts, cette évolution dépasse la seule question administrative. « Il y avait près de 600 personnes qui travaillaient en contrat aidé à la Ville de Saint-Denis et qui se retrouvent aujourd'hui sans proposition d'insertion par le travail. Ça nous met en colère parce qu'il y a des hommes et des femmes derrière. La décision a été violente », déplore la maire.
Afin d'éviter toute perturbation lors de la rentrée scolaire, la municipalité travaille depuis plusieurs mois à une solution permettant de maintenir l'ensemble des activités proposées aux élèves. « Il est hors de question qu'il n'y ait pas de rentrée scolaire à la Ville de Saint-Denis. L'École du bonheur continuera. Entre midi et deux, il y aura toujours la SPL OP, le yoga, le théâtre, la musique, comme avant », affirme la maire.
350 agents financés sur son propre budget viendront renforcer les effectifs permanents afin de remplacer les postes auparavant occupés par les bénéficiaires des contrats PEC. Pour compenser la baisse du nombre de postes, leur durée hebdomadaire de travail sera portée à 26 heures, contre 20 heures pour les anciens contrats PEC.
Cette réorganisation représente un coût important pour les finances communales. La Ville consacrera 9 millions d'euros à cette opération, soit 3 millions de plus que les 6 millions initialement prévus pour financer les contrats PEC.
Au-delà de l'impact budgétaire, cette décision traduit la volonté de la collectivité de préserver l'organisation des écoles et les activités proposées aux élèves, malgré la diminution des emplois aidés. « C'est un effort considérable, mais nous avons fait ce qu'il fallait pour que cette rentrée scolaire se passe dans les meilleures conditions possibles », conclut Ericka Bareigts.
memento.re / S.D

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