

Le Festival du Film de Femmes « Le Temps des Femmes » reviendra à La Réunion du 23 septembre au 4 octobre 2026 pour une septième édition consacrée aux parcours, aux combats et aux réalités vécues par les femmes à travers le monde. Pendant près de deux semaines, fictions, documentaires, animations, projections en plein air, rencontres et débats seront proposés dans sept villes de l’île.
Organisé par Ciné Festival Océan Indien et l’Union des Femmes Réunionnaises, avec la collaboration de Femmes en Avant, du CEVIF et de De Z’elles & des Z’ils Océan Indien, le festival entend utiliser le cinéma comme point de départ pour aborder l’égalité, les violences, les libertés, l’exil, l’engagement ou encore la place des femmes dans différentes sociétés.
Afghanistan et Iran au cœur de plusieurs documentaires
Parmi les invités figurera Mortaza Behboudi, reporter de guerre et réalisateur franco-afghan, emprisonné pendant dix mois en Afghanistan en 2023 avant sa libération le 18 octobre de la même année. Il sera notamment présent autour du documentaire Afghanistan : l’impossible voyage des femmes, coréalisé avec Marine Courtade.
Tourné entre la France et l’Afghanistan, le film donne la parole à de jeunes Afghanes confrontées aux restrictions imposées depuis le retour des talibans au pouvoir. Il sera projeté le 28 septembre à Lespas Leconte de Lisle, à Saint-Paul, puis le 3 octobre à la Médiathèque Centre Ville du Tampon, en présence des réalisateurs.
Marine Courtade, journaliste et réalisatrice indépendante, compte également parmi les invitées de cette édition. Ancienne correspondante en Ukraine pour France 24, elle a réalisé des documentaires au Kurdistan irakien, en Centrafrique, au Tchad, au Rwanda ou encore au Cap-Vert, et travaille depuis plusieurs années sur l’Afghanistan et l’Iran.
Le programme consacrera aussi une place à l’Iran avec Iran, la guerre intérieure, documentaire de 2026 signé Mortaza Behboudi, Anne-Charlotte Gourraud et Kajin Azadi. Tourné clandestinement, il sera présenté le 29 septembre à Saint-Paul et le 3 octobre au Tampon, en présence des réalisateurs.
Anne-Charlotte Gourraud sera elle aussi invitée. La journaliste et réalisatrice a notamment travaillé pour Envoyé Spécial, Faut pas rêver et Arte Reportage, et signé plusieurs documentaires pour France 5, LCP et Public Sénat.
Violences, émancipation, discriminations : une programmation internationale
La sélection abordera différentes formes de violences et de discriminations. L’Affaire Nevenka, d’Icíar Bollaín, reviendra sur l’histoire de Nevenka Fernández et sur une affaire de harcèlement et d’agression sexuelle impliquant un responsable politique espagnol. Le film sera projeté le 30 septembre à Saint-Paul et le 4 octobre à Saint-Joseph.
Les violences conjugales seront également au centre d’Aux jours qui viennent de Nathalie Najem, programmé le 3 octobre à l’Alambic de Trois-Bassins.
Le festival s’intéressera aussi à l’histoire des droits des femmes avec Olympe, une femme dans la Révolution, de Julie Gayet et Mathieu Busson, le 24 septembre à Saint-Joseph, tandis que Les Figures de l’ombre reviendra le 29 septembre sur le parcours de trois scientifiques afro-américaines ayant participé à la conquête spatiale américaine.
Autre histoire de lutte contre les discriminations, Le Combat de Ruby Bridges, d’Euzhan Palcy, sera présenté le 27 septembre à Saint-Gilles puis le 3 octobre à Saint-Joseph. Le film retrace le parcours de Ruby Bridges, première enfant afro-américaine à intégrer en 1960 une école élémentaire jusque-là réservée aux enfants blancs à La Nouvelle-Orléans.
Deux avant-premières au Port et une séance en plein air
Le samedi 3 octobre, le Casino du Port accueillera notamment deux films récents en avant-première. Molly vs the Machines, documentaire britannique de Marc Silver, abordera les conséquences des contenus et des algorithmes des plateformes numériques sur la santé mentale, à travers l’histoire de Molly, décédée à 14 ans en 2017.
La Furia, fiction espagnole de Gemma Blasco consacrée au parcours d’une jeune actrice victime d’un viol, sera projetée le même jour à 16h35.
Le festival proposera également une séance en plein air de Thelma et Louise, de Ridley Scott, le 26 septembre à 19 heures à la Maison Gran Kour de Saint-Paul.
La programmation comprend par ailleurs Persepolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, Radioactive de Marjane Satrapi, Déesses indiennes en colère de Pan Nalin, Bye Bye Tibériade de Lina Soualem, Ten d’Abbas Kiarostami, La Méthode Williams, Bowling, Jamais sans ma fille, Je ne me laisserai plus faire, ainsi que plusieurs films et animations destinés notamment au jeune public.
Des échanges au-delà des projections
« Le Temps des Femmes » ne se limitera pas aux séances de cinéma. Un atelier intitulé « Savoir dire non », proposé par Femmes en Avant, se tiendra le 3 octobre de 9h30 à 11 heures à la salle de conférence du Front de Mer à Saint-Paul. Ce groupe de parole gratuit sera consacré à l’affirmation de soi, à la capacité à poser des limites et à la confiance.
Une conférence de Christiane Rafidinarivo, docteure en sciences politiques, organisée en partenariat avec Les Amis de l’Université, abordera pour sa part les « résistances et engagements des femmes d’aujourd’hui ».
Frédéric Rousset, président du CEVIF, interviendra également après plusieurs projections consacrées notamment aux violences faites aux femmes et à la situation des Afghanes.
L’accès sera gratuit dans les lieux partenaires, à l’exception du Cinépalmes de Saint-Denis où un tarif préférentiel est annoncé. Le programme détaillé et les réservations sont accessibles sur le site du Festival du Film de Femmes.

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