

Une délégation transpartisane a engagé des négociations à Paris pour obtenir une aide financière destinée à terminer l’année 2026 et à préparer 2027. Aucun engagement officiel du gouvernement n’a encore été annoncé.
Une délégation d’élus de Nouvelle-Calédonie a rencontré le Premier ministre Sébastien Lecornu mercredi 2 septembre 2026 pour solliciter un soutien de l’État à hauteur de 540 millions d’euros. Emmenée par Milakulo Tukumuli, président du gouvernement calédonien, elle s’est ensuite entretenue avec Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, et des représentants des groupes parlementaires. Les élus doivent poursuivre leurs échanges le 3 septembre avec Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, puis avec le cabinet du Premier ministre. Ils affirment avoir obtenu le soutien du Parlement, mais attendent toujours une réponse chiffrée du gouvernement.
« Rien n’est réglé tant que le gouvernement n’a pas communiqué officiellement », a prévenu Nicolas Metzdorf, député Renaissance et élu loyaliste. Selon lui, les discussions avec l’exécutif restent les plus difficiles en raison des réserves de Bercy. Le député estime que le projet de loi de finances pour 2027 pourrait être adopté par l’intermédiaire de l’article 49.3 de la Constitution ou par ordonnance. Dans cette hypothèse, le soutien des parlementaires constituerait un moyen de pression sans leur donner le dernier mot.
Un besoin évalué à 540 millions d’euros pour 2027
« Il y a une attente de 540 millions d’euros », indique Nicolas Metzdorf. Le montant pourrait toutefois être inférieur selon les modalités retenues concernant le remboursement de la dette. Milakulo Tukumuli attend également des financements pour répondre aux urgences de la fin de l’année 2026 et du début de 2027. « Le bébé se présente bien », a-t-il déclaré, se disant « raisonnablement optimiste » malgré une situation qu’il qualifie de « grave ». Une annonce de l’État pourrait intervenir le 3 ou le 4 septembre.
Le président du gouvernement calédonien refuse toutefois que cette nouvelle aide repose sur des emprunts supplémentaires. « On ne peut plus nous prêter de l’argent », a-t-il insisté. La Nouvelle-Calédonie a emprunté 1,5 milliard d’euros entre 2020 et 2026, contre 40 millions d’euros par an auparavant, en raison de la crise sanitaire puis des émeutes de mai 2024.
« C’est intenable pour une petite collectivité », estime Milakulo Tukumuli.
Les élus réclament des subventions
Virginie Ruffenach, présidente loyaliste du Congrès, affirme que 27 textes de réforme votés en 34 mois ont permis de dégager 365 millions d’euros d’économies. « Contrairement à ce que dit Bercy, on n’est pas des enfants gâtés », a-t-elle lancé. « On est un peu à l’os », a-t-elle également reconnu, avant d’avertir que sans accompagnement immédiat de l’État, « tout va s’écrouler ».
Sonia Backès, élue loyaliste, demande elle aussi que le soutien de l’État prenne la forme de subventions plutôt que de nouveaux prêts, accordés selon elle à des taux « limite usuriers ». « On n’est pas des citoyens français de seconde zone », a-t-elle déclaré. Outre Milakulo Tukumuli, Nicolas Metzdorf, Virginie Ruffenach et Sonia Backès, la délégation comprend le loyaliste Christopher Gygès et le député indépendantiste Emmanuel Tjibaou.
L’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie n’a pas été abordé au cours des échanges. Nicolas Metzdorf explique le caractère transpartisan de la mission par son objet exclusivement économique et financier. Les institutions calédoniennes disposent d’une large autonomie pour administrer ce territoire du Pacifique sud, durablement affaibli par les émeutes du printemps 2024. Ces violences ont fait 14 morts et provoqué plus de deux milliards d’euros de dégâts.
Source : AFP - memento.fr

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