Confronté à un épisode de sécheresse historique, le Département de La Réunion réaffirme sa stratégie de sécurisation de la ressource en eau. Aux côtés de la SAPHIR et de l'Office de l'eau, il défend une politique d'investissements de long terme, avec près d'un milliard d'euros programmés pour adapter le territoire aux effets du changement climatique.
La sécheresse qui touche actuellement La Réunion remet la question de l'eau au premier plan. Réunis au siège de l'Office de l'eau, le Département, la SAPHIR et l'Office de l'eau ont présenté une position commune pour rappeler les grands axes de la politique hydraulique menée sur l'île et défendre les investissements jugés indispensables face au dérèglement climatique.
Le président du Département, Cyrille Melchior, a estimé que les épisodes de sécheresse observés ces dernières années illustrent désormais les effets concrets du changement climatique. Selon lui, cette situation confirme la nécessité d'anticiper les tensions sur la ressource plutôt que de les subir.
Le Département met notamment en avant les infrastructures réalisées depuis plusieurs décennies, à commencer par le transfert des eaux de l'Est vers l'Ouest. Ce dispositif permet aujourd'hui d'irriguer près de 17 500 hectares de terres agricoles, d'alimenter en eau brute treize communes et d'acheminer plus de 85 millions de mètres cubes d'eau chaque année.
Les responsables ont également tenu à répondre aux interrogations récurrentes sur ce transfert. Ils rappellent que les prélèvements sont effectués en aval des captages destinés à l'eau potable et qu'ils ne sont pas à l'origine des difficultés actuelles rencontrées dans l’est. Celles-ci seraient avant tout liées à l'intensité exceptionnelle de la sécheresse ainsi qu'aux capacités limitées de certains réseaux de distribution et de stockage.
Pour renforcer la résilience du territoire, le Département poursuit le déploiement de son Plan départemental de l'eau et des aménagements hydrauliques (PDEAH), qui mobilisera près d'un milliard d'euros d'investissements.
MEREN et PRODEO, les deux piliers de la stratégie départementale
Deux grands programmes structurent cette feuille de route. Le premier, baptisé MEREN (Mobilisation des Ressources en Eau des micro-régions Est et Nord), représente un investissement de 465 millions d'euros. Les travaux, dont le lancement est prévu en décembre 2026, visent à sécuriser l'alimentation en eau des populations tout en développant l'irrigation sur plus de 5 250 hectares agricoles. Le projet prévoit également le recours à des solutions innovantes, comme la réutilisation des eaux usées traitées, afin de diversifier les ressources disponibles.
Le second programme, PRODEO (Programme départemental opérationnel pour l'accès à l'eau dans les Hauts), mobilisera 510 millions d'euros. Il prévoit la création de retenues collinaires, de nouveaux captages, de stations de pompage ainsi que le renforcement des réseaux et des interconnexions. L'objectif est d'améliorer durablement l'accès à l'eau dans les Hauts tout en accompagnant le développement agricole, économique et résidentiel de ces territoires.
Au-delà des investissements, les partenaires ont insisté sur la nécessité d'une gouvernance coordonnée. Le président de l'Office de l'eau, Gilles Hubert, a plaidé pour une stratégie commune afin de renforcer la crédibilité des projets auprès des financeurs.
De son côté, le président de la SAPHIR, Serge Hoareau, a présenté l'évolution de la société en Société publique locale (SPL). Cette transformation doit permettre d'associer l'ensemble des intercommunalités de La Réunion à sa gouvernance et de renforcer la coopération entre collectivités pour conduire les futurs grands chantiers hydrauliques.
Les trois partenaires ont réaffirmé leur volonté de poursuivre une politique de gestion durable de la ressource, estimant que l'adaptation au changement climatique passera autant par une meilleure coordination des acteurs que par la réalisation de nouvelles infrastructures.
memento.re // S.D

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