Météo-France et Solagro étendent leur service Climadiag Agriculture et Forêt aux territoires ultramarins, en commençant par La Réunion et la Guyane. Cette plateforme en accès libre doit aider les agriculteurs, les forestiers et les décideurs publics à anticiper les conséquences du changement climatique sur les exploitations et les filières tropicales.
La Réunion bénéficie désormais de « plus de 50 indicateurs climatiques » ainsi que d’une première série d’indicateurs agroclimatiques adaptés notamment à la banane, à l’ananas, à la canne à sucre, aux tubercules, à la vanille, aux prairies et aux animaux d’élevage.
Les premières projections disponibles portent principalement sur les évolutions des températures et des précipitations. Elles reposent sur la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, qui envisage une hausse moyenne des températures de 1,5 degré à l’horizon 2030, de 2 degrés en 2050 et de 3 degrés en 2100 par rapport à la période préindustrielle.
Ces valeurs correspondent à une évolution moyenne à l’échelle de la planète. Météo-France a donc décliné cette trajectoire pour chaque territoire de l’Hexagone et des outre-mer, à partir des observations passées et des projections climatiques locales.
Le service illustre concrètement les conséquences possibles du réchauffement sur les calendriers agricoles. Avec l’augmentation des températures, les plantes accumulent plus rapidement la chaleur nécessaire à leur développement. Elles peuvent ainsi arriver plus tôt à maturité, avançant d’autant les périodes de récolte.
À La Réunion, l’exemple de l’ananas Queen Victoria autour du Tampon montre l’ampleur du phénomène envisagé. Sur la période de référence 1991-2020, la récolte intervenait en moyenne autour du 24 juillet, pour un début de croissance fixé au 1er avril.
À l’horizon 2100, avec un réchauffement estimé à 2,9 degrés, « la récolte interviendrait vers le 3 juillet », soit environ trois semaines plus tôt. Cet indicateur a été élaboré avec l’appui du Cirad.
En Guyane, la culture du manioc pourrait connaître une évolution comparable. Autour de Saint-Laurent-du-Maroni, la récolte avait lieu en moyenne vers le 31 juillet, après un début de croissance au 1er janvier. Avec une hausse des températures de 3,5 degrés à l’horizon 2100, elle pourrait intervenir « vers le 22 juin », soit près de six semaines plus tôt.
Ces projections doivent permettre aux professionnels d’anticiper l’évolution des cycles de culture, de modifier certaines pratiques et d’adapter progressivement les exploitations aux nouvelles conditions climatiques.
Ouvert dans un premier temps à La Réunion et à la Guyane, le volet agricole de Climadiag Agriculture et Forêt doit être étendu aux autres départements et régions d’outre-mer d’ici la fin de l’année 2026.
De nouveaux indicateurs seront progressivement ajoutés, notamment sur l’humidité, le rayonnement et le vent. Ces données doivent également permettre de mieux évaluer l’évapotranspiration et les futurs besoins en eau des cultures.
Mémento

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