Météo-France et Solagro étendent leur service Climadiag Agriculture et Forêt aux territoires ultramarins, en commençant par La Réunion et la Guyane. Les acteurs agricoles et forestiers de ces deux territoires peuvent désormais accéder librement à plus de 50 indicateurs climatiques ainsi qu’à un premier ensemble d’indicateurs agroclimatiques adaptés aux filières tropicales.
Le service doit permettre aux agriculteurs, conseillers, collectivités, chercheurs et bureaux d’études d’anticiper les effets du changement climatique sur les cultures, l’élevage et les calendriers de production.
Ouvert depuis 2022 pour la France hexagonale et la Corse, Climadiag Agriculture et Forêt propose déjà plus de 300 indicateurs liés à l’agriculture et aux forêts. Les calculs sont réalisés selon la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, la TRACC, avec la possibilité d’ajuster certains seuils et périodes d’intérêt.
Le service rassemble près de 10 000 utilisateurs, parmi lesquels des agriculteurs, des conseillers agricoles, des enseignants, des chercheurs, des décideurs publics et des collectivités.
Pour La Réunion et la Guyane, le premier ensemble d’indicateurs agroclimatiques concerne la banane, l’ananas, la canne à sucre, les tubercules, la vanille, les prairies et les animaux d’élevage. Il repose dans un premier temps sur les paramètres de température et de précipitations.
Les données présentées par Météo-France et Solagro illustrent les conséquences possibles de la hausse des températures sur les calendriers agricoles.
Autour du Tampon, la récolte de l’ananas Queen Victoria intervenait en moyenne vers le 24 juillet sur la période de référence 1991-2020, pour un début de croissance fixé au 1er avril. À l’horizon 2100, avec une hausse de température de 2,9 °C, elle pourrait intervenir autour du 3 juillet, soit environ trois semaines plus tôt.
Cet indicateur a été défini avec l’appui du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, le Cirad.
En Guyane, autour de Saint-Laurent-du-Maroni, la récolte du manioc avait lieu en moyenne vers le 31 juillet entre 1991 et 2020, avec un début de croissance au 1er janvier. Avec une hausse de 3,5 °C à l’horizon 2100, elle pourrait être avancée au 22 juin, soit cinq à six semaines plus tôt.
Ces projections doivent aider les professionnels à anticiper l’évolution des cycles de production et à adapter leurs pratiques.
La TRACC s’appuie sur trois niveaux de réchauffement planétaire : une hausse de 1,5 °C à l’horizon 2030, de 2 °C en 2050 et de 3 °C en 2100, par rapport à la période préindustrielle 1850-1900.
Météo-France décline cette trajectoire pour chaque territoire hexagonal et ultramarin, à partir des observations passées et des projections climatiques. Cette méthode tient compte du fait que les conséquences du changement climatique diffèrent selon les territoires.
Après La Réunion et la Guyane, le volet agricole de Climadiag doit être étendu aux autres départements et régions d’outre-mer avant la fin de l’année 2026.
L’offre sera progressivement complétée par de nouveaux indicateurs et paramètres climatiques, portant notamment sur l’humidité, le rayonnement et le vent. Ces données permettront en particulier d’estimer l’évapotranspiration.
L’extension du service bénéficie du soutien financier du ministère des Outre-mer. Le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire suit également cette démarche consacrée à l’adaptation des filières ultramarines au changement climatique.

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