
Une délégation transpartisane d’élus de Nouvelle-Calédonie a achevé une semaine de mission à Paris par une rencontre à l’Élysée. Au cœur des échanges : la situation financière du territoire, la relance de l’industrie du nickel et l’avenir institutionnel. Les représentants calédoniens disent repartir rassurés après l’annonce par le Premier ministre Sébastien Lecornu d’une aide pouvant atteindre 460 millions d’euros pour 2027, dont « une majorité de subventions ».
« La première victoire, c'est qu'on a fait quelque chose ensemble », s’est félicité Milakulo Tukumuli, président centriste du gouvernement calédonien et chef de la délégation, malgré les divergences politiques entre ses membres. Selon lui, après les engagements financiers obtenus auprès de l’État, le risque de ne pas pouvoir achever l’année 2026 « n’existe plus ».
Billy Forest, représentant indépendantiste de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), a lui aussi estimé que les informations obtenues auprès de l’État étaient de nature à « rassurer » la population.
Une économie toujours marquée par les émeutes de 2024
La Nouvelle-Calédonie reste confrontée aux conséquences économiques des violences du printemps 2024, qui ont fait 14 morts et plus de deux milliards d’euros de dégâts.
Depuis ces événements, 12 800 emplois ont été détruits et le PIB par habitant est revenu à son niveau de 2010, selon les éléments communiqués.
Le territoire supporte également environ 1,58 milliard d’euros de prêts garantis par l’État, contractés depuis la crise du Covid-19 et les émeutes. Selon le gouvernement calédonien, près de 79 millions d’euros devront être remboursés en 2027.javascript:void('p')
Le nickel reste au centre des discussions
L’avenir de l’industrie métallurgique a occupé une place importante lors de la réunion à l’Élysée.
« Il n'y aura pas de relance économique en Nouvelle-Calédonie sans reprise de nos usines de nickel », a déclaré Virginie Ruffenach, présidente loyaliste du Congrès.
En 2019, trois usines étaient encore en activité : la Société Le Nickel (SLN) à Doniambo, Koniambo Nickel SAS (KNS) dans le Nord et l’usine du Sud, devenue Prony Resources.
En 2026, KNS est à l’arrêt et cherche toujours un repreneur depuis 2024. Prony Resources poursuit son activité mais est également à vendre, tandis que la SLN reste soutenue financièrement par l’État.
Selon Virginie Ruffenach, Emmanuel Macron s’est dit « déterminé à voir un aboutissement favorable dans les prochains jours » concernant les discussions avec de potentiels repreneurs.
Le député indépendantiste Emmanuel Tjibaou a indiqué que l’État attendait des offres finalisées « pour début septembre » avant de se prononcer « à l’aune de ce qui sera posé sur la table ».
Des groupes indiens, émiratis et chinois se seraient positionnés sur ces actifs, selon le député Nicolas Metzdorf, qui regrette l’absence d’entreprises françaises ou européennes parmi les candidats mentionnés.
Les discussions institutionnelles repoussées
La délégation a également abordé l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie avec le chef de l’État.
Selon Virginie Ruffenach, les élus ont fait savoir qu’il y avait eu « trop d’ascenseur émotionnel » sur ce dossier et qu’ils ne souhaitaient pas reprendre les discussions avant le prochain mandat de l’Assemblée nationale et l’élection du prochain président de la République.
Aucun nouvel accord n’a, à ce stade, succédé durablement à l’accord de Nouméa de 1998. Trois référendums d’autodétermination ont été organisés depuis, le dernier en 2021 ayant été boycotté par les indépendantistes et s’étant conclu par 96,50 % de votes en faveur du « non » à l’indépendance.
L’accord de Bougival, conclu en juillet 2025 et prévoyant la création d’un État de Nouvelle-Calédonie au sein de la France, a ensuite été rejeté par le FLNKS, puis par l’Assemblée nationale le 2 avril 2026.


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