
Dans les quartiers de Pointe-à-Pitre, les policiers multiplient les contrôles contre les armes et les stupéfiants. Entre fouilles de squats, interventions cynophiles et renforts mobilisés après les violences d’octobre, les autorités concentrent leurs moyens sur les trafics et les violences armées.
Il est 23h10 lorsqu’une quinzaine de policiers prennent position dans le quartier de Zamia. Deux groupes progressent depuis des directions différentes, sous la coordination radio de Philippe Miziniak, directeur territorial de la police nationale.
Dans une ruelle dépourvue d’éclairage public, un homme tente de fuir un contrôle avant d’être rattrapé par plusieurs agents. À proximité de l’université, des maisons inoccupées sont devenues des squats que les policiers inspectent régulièrement.
La Brigade anticriminalité et la Brigade spécialisée de terrain y recherchent des armes et des stupéfiants. Les équipes s’appuient notamment sur le travail de Loïc, maître-chien, et de sa chienne Rayana, qui a déjà permis de retrouver 16 kilos de stupéfiants dans ce secteur.
Les armes au cœur des préoccupations
Le préfet Thierry Devimeux décrit une « violence débridée », marquée notamment par l’usage d’armes à feu dans des différends impliquant des mineurs. Deux jours avant la patrouille, un adolescent de 15 ans a été tué dans cette même rue lors d’un différend autour d’un scooter électrique.
Les policiers soulignent également les difficultés liées aux arrivées nocturnes par bateau dans l’archipel, susceptibles d’alimenter les trafics d’armes et de drogue.
La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, suit cette opération pendant son déplacement de trois jours en Guadeloupe. Elle insiste sur la place de l’archipel dans le transit de stupéfiants, notamment de cocaïne, vers l’Europe et sur les risques liés à la présence d’armes dans ces circuits.
Des renforts après les violences d’octobre
La mobilisation policière s’est renforcée après une semaine de violences nocturnes à la mi-octobre. Philippe Miziniak évoque notamment des pillages et des tirs visant les forces de l’ordre.
Pour soutenir les équipes locales, 28 policiers venus de Guyane et de Saint-Martin ont été mobilisés pour un mois. Les congés non prévisionnés des agents ont également été supprimés.
Dans le centre-ville, les interventions doivent composer avec plusieurs formes de délinquance. François-Xavier Richard-Rendolet, directeur de cabinet du préfet, explique que les violences armées constituent une priorité face à des moyens qui ne permettent pas d’intervenir simultanément sur tous les fronts.
À Cour-Montbruno, près du tribunal, une policière décrit des squats utilisés comme lieux de repli après des vols à l’arraché, ainsi que des ventes de stupéfiants.
Les habitants portent des regards différents sur la situation. Un résident âgé déplore les nuisances nocturnes. Nicolas, 30 ans, qui tient un petit restaurant et lave des voitures, constate pour sa part une diminution des tirs dans son secteur, tout en soulignant que les trafics persistent.
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