
La Chambre régionale des comptes a publié deux rapports d’observations définitives consacrés au réseau Car Jaune et portant sur les exercices 2019 et suivants. Le premier examine la gestion administrative et financière de la délégation de service public (DSP), tandis que le second porte sur la qualité du service rendu aux usagers.
Un coût de 220 millions d’euros entre 2014 et 2024
La Chambre constate un déséquilibre du contrat de délégation de service public, les principaux risques économiques ayant été largement supportés par la collectivité. Le coût total de la DSP a atteint 220 millions d’euros sur la période 2014-2024, soit 15,3 % de plus que les prévisions contractuelles initiales.
Le suivi financier exercé par la Région Réunion est jugé insuffisant. La juridiction relève notamment la transmission de pièces comptables non certifiées ou incomplètes, l’absence de comptabilité analytique ainsi que des moyens d’expertise interne limités pour contrôler les coûts et les risques liés au contrat.
Les outils contractuels destinés à garantir la performance du service ont également été insuffisamment mobilisés. Le mécanisme de bonus-malus prévu au contrat n’a notamment pas été appliqué pendant la période contrôlée.
La Chambre formule deux recommandations :
Le premier cahier est disponible sur le site de la Cour des comptes.
Une fréquentation en hausse, mais une desserte encore incomplète
Le second rapport souligne le rôle du réseau Car Jaune dans les déplacements interurbains à La Réunion et constate une progression de sa fréquentation depuis 2022. Cette augmentation s’accompagne toutefois de plusieurs fragilités.
La couverture territoriale reste incomplète, notamment le week-end, tandis que les situations de saturation se multiplient. Les infrastructures présentent également des niveaux d’équipement hétérogènes susceptibles d’affecter la sécurité, l’accessibilité et la fluidité des échanges.
La ponctualité demeure globalement conforme aux seuils fixés dans le contrat, mais elle se dégrade depuis 2022. Le nombre de kilomètres non effectués progresse également, notamment dans un contexte marqué par l’absentéisme.
L’information destinée aux voyageurs reste inégalement déployée et insuffisamment utilisée pour piloter le service. La Chambre estime par ailleurs que les instances de gouvernance fonctionnent principalement de manière formelle et que les observations des usagers ne débouchent pas encore suffisamment sur des mesures correctrices.
Quatre recommandations sont formulées :
Le rapport consacré à la qualité du service est également consultable en ligne.
Une nouvelle délégation de service public depuis octobre 2025
Ces observations interviennent après le renouvellement de la délégation de service public. Le nouveau contrat, entré en vigueur le 1er octobre 2025, prévoit un renforcement de l’offre, le renouvellement du parc de véhicules, la modernisation de l’information des voyageurs ainsi que l’amélioration des gares et des pôles d’échanges.
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