L’Agence régionale de la biodiversité de La Réunion a tenu son premier conseil d’administration de l’année au siège de l’Office national des forêts, dans un cadre marqué par la visite de l’arboretum. Cette séance délocalisée a permis à la fois de définir la feuille de route pour les mois à venir et de mettre en lumière les enjeux liés à la préservation du patrimoine végétal de l’île.
La réunion, présidée par Ericka Bareigts, en présence notamment de Karine Pothin, directrice générale, a été l’occasion de dresser le bilan des trois premières années d’existence de l’agence et de préciser ses perspectives d’action. Depuis sa création, l’ARB s’est positionnée comme un acteur de coordination, avec pour objectif de « faire le collectif » dans un contexte où près de 40 % de la biodiversité réunionnaise est menacée.
Plusieurs actions ont été engagées, notamment le développement et l’accompagnement d’aménagements d’aires protégées, la création d’outils de sensibilisation comme un livret pédagogique destiné aux enfants, le renforcement de la mobilisation autour du contrôle aux frontières face aux espèces invasives, ainsi que la sensibilisation à la régulation des espèces commercialisées auprès des particuliers. Un temps fort réunissant l’ensemble des partenaires est prévu le 20 mai afin de partager un bilan collectif et de définir les priorités à venir.
La directrice générale a rappelé la spécificité du modèle réunionnais, marqué par une phase de préfiguration ayant mis en évidence la multiplicité des acteurs et la nécessité d’une coordination renforcée. L’agence se donne notamment pour missions de fédérer les acteurs locaux autour de projets existants ou émergents, de jouer un rôle d’« amplificateur » des initiatives, d’assurer une veille et une centralisation des financements, d’accompagner les porteurs de projets et de développer des outils structurants, dont un annuaire des acteurs.
L’ARB prévoit également de renforcer la mobilisation citoyenne à travers des actions de sensibilisation à grande échelle, notamment via les opérations « Gayar Piknik », ainsi que d’accompagner les entreprises dans la structuration de programmes d’actions. Elle poursuit par ailleurs un travail partenarial avec le secteur du tourisme et les professionnels afin de promouvoir des pratiques respectueuses de la biodiversité.
La visite de l’arboretum de l’Office national des forêts, créé il y a une vingtaine d’années, a permis d’illustrer les enjeux de préservation et de restauration des écosystèmes réunionnais, en particulier en forêt sèche. Le site abrite de nombreuses espèces endémiques, dont certaines particulièrement rares ou menacées, telles que le bois de senteur, le bois d’éponge, le latanier rouge, ainsi que le bois de fer, le bois d’ortie, le bois d’olive ou l’hibiscus polinaris.
Cet arboretum joue également un rôle dans la production de semences, avec près de 500 000 graines, contribuant aux programmes de reboisement urbain et au projet de plantation de 100 000 arbres endémiques. Les observations menées sur le site mettent en évidence la meilleure résilience des espèces locales face aux aléas climatiques, notamment cycloniques, comparativement aux espèces exotiques.
À travers ce conseil d’administration, l’Agence régionale de la biodiversité de La Réunion réaffirme son objectif de fédérer, coordonner et amplifier les actions en faveur de la biodiversité. Dans un contexte de pressions croissantes sur les écosystèmes insulaires, l’agence souligne l’importance de la mobilisation collective pour préserver durablement le patrimoine naturel du territoire.
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