
Les autorités judiciaires américaines ont affirmé, le 9 septembre 2026, avoir joué un rôle dans le démantèlement à Madagascar de 13 centres d’arnaque en ligne présentés comme gérés par des ressortissants chinois. Selon la procureure fédérale de Washington, Jeanine Pirro, l’opération aurait conduit à 500 arrestations et à l’analyse de plus de 3 200 appareils électroniques.
Le ministère américain de la Justice s’est doté en novembre 2025 d’une unité spécialisée dans la lutte contre les réseaux d’escroqueries en ligne liées aux cryptomonnaies, opérant notamment depuis l’Asie du Sud-Est pour le compte de groupes criminels chinois présumés.
Parmi les dernières opérations de cette unité, les autorités américaines ont annoncé avoir saisi les chaînes Telegram hébergeant Xinbi Guarantee, une plateforme de commerce en ligne, ainsi que près de 52 millions de dollars de cryptomonnaies. « Xinbi Marketplace, qui a plus de 650 000 utilisateurs, est hébergée sur Telegram et c’est là que des fournisseurs proposent leurs services aux opérations d’arnaque », notamment pour la création de sites fictifs et le blanchiment des revenus issus des escroqueries, a affirmé Jeanine Pirro, procureure fédérale de Washington.
Le Trésor américain a parallèlement annoncé des sanctions financières contre Xinbi Guarantee, déjà visée par des sanctions britanniques, ainsi que contre deux entités présentées comme soutenant ses activités. Selon Jeanine Pirro, ces réseaux ne sont désormais plus concentrés uniquement en Asie du Sud-Est et se développent également en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique centrale.
La procureure a indiqué que des enquêteurs américains avaient été envoyés à Madagascar au cours des deux semaines précédentes afin d’apporter leur concours au démantèlement de ces centres.
Selon les éléments présentés par les autorités américaines, l’opération aurait abouti à :
Les autorités américaines présentent ces centres comme étant gérés par des ressortissants chinois.
Le ministère malgache de la Justice a de son côté annoncé cette semaine le transfert vers la Chine d’une première vague de 50 ressortissants chinois condamnés à Madagascar pour des infractions liées à l’escroquerie en ligne. Le ministère a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une « remise en liberté » et que les personnes concernées poursuivraient l’exécution de leur peine dans des établissements pénitentiaires chinois.
Les peines annoncées vont de deux à cinq ans pour les simples exécutants et de cinq à dix ans pour les responsables et leurs employeurs. À ce stade, il n’est toutefois pas établi si ces 50 personnes ont été jugées ou condamnées à la suite de l’opération évoquée par Jeanine Pirro ou dans le cadre de procédures antérieures.
Plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, notamment la Birmanie et le Cambodge, abritent des complexes dans lesquels des milliers de personnes de différentes nationalités, souvent chinoises, sont contraintes de participer à des escroqueries en ligne.
Selon les chiffres avancés par Jeanine Pirro, les revenus générés par ces centres atteindraient près de 40 milliards de dollars par an. La procureure a également cité une estimation du département d’État américain faisant état de 12 milliards de dollars de pertes pour les seuls Américains.
Source : AFP - memento.fr


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