
Le Conseil départemental de La Réunion demande à l’État d’adapter aux réalités ultramarines les dispositifs nationaux d’aide annoncés pour le secteur agricole. Face à la dégradation des conditions climatiques et économiques, la collectivité affirme son soutien aux filières de la canne à sucre, des fruits et légumes et de l’élevage et réclame plusieurs ajustements du plan CASI présenté par le ministère de l’Agriculture le 4 septembre 2026.
Ce plan national, doté d’un milliard d’euros pour répondre aux enjeux liés au climat et aux intrants, suscite des inquiétudes partagées par le Département, la Chambre d’Agriculture et le Comité Paritaire Interprofessionnel de la Canne et du Sucre (CPCS). Selon eux, sans dispositif spécifiquement adapté aux territoires ultramarins, une partie des exploitations réunionnaises ne pourra pas accéder aux aides.
Le Comité Sécheresse réuni le 26 août 2026 a fait état d’un déficit cumulé de 45 % sur la saison des pluies, présenté par le Département comme le deuxième plus important enregistré depuis 54 ans. Plusieurs cours d’eau et nappes phréatiques, notamment à Saint-Denis, au Port et à Saint-André, ont franchi les seuils d’alerte renforcée ou de crise.
La collectivité fait également état de plusieurs difficultés rencontrées par les exploitants :
Le Département estime que plusieurs mécanismes nationaux répondent mal à la structure de l’agriculture réunionnaise. L’Indemnisation de Solidarité Nationale (ISN) liée à la sécheresse repose notamment sur l’assurance récolte, que la collectivité considère comme peu développée et mal adaptée aux petites parcelles tropicales.
Le guichet d’aide aux engrais, prolongé jusqu’au 31 décembre 2026, impose pour sa part un plancher d’achat de 750 euros, correspondant selon le Département à une exploitation d’au moins 15 hectares, et exclut les engrais composés NPK ainsi que les engrais organiques. Or, la Surface Agricole Utile moyenne atteint 6,3 hectares à La Réunion, tandis que 90 % des exploitations font moins de 12 hectares.
Saisi dès le 14 août 2026 par Cyrille Melchior, président du Conseil départemental, le Gouvernement est appelé à adapter les règles en s’appuyant sur l’article 349 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), qui prévoit des dispositions spécifiques pour les régions ultrapériphériques.
Le Département formule quatre demandes prioritaires :
Le Département confirme également sa participation à une réunion de concertation d’urgence demandée avec l’État, la Région, la Chambre d’Agriculture et les interprofessions agricoles. « Le Département restera en première ligne pour obtenir des arbitrages d’urgence justes et adaptés », indique Cyrille Melchior, président du Conseil départemental de La Réunion.
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