
Le CHU de La Réunion poursuit son universitarisation avec la nomination, en septembre 2026, de cinq nouveaux personnels hospitalo-universitaires : deux Professeures des Universités-Praticiennes Hospitalières (PU-PH) et trois Maîtres de Conférences des Universités-Praticiens Hospitaliers (MCU-PH). Ces nominations doivent renforcer les activités de soins, d’enseignement et de recherche et développer des expertises médicales répondant aux enjeux de santé de La Réunion et de l’océan Indien.
Les cinq professionnels nommés sont :
Médecin infectiologue et chercheuse en épidémiologie et santé publique, la Pre Émilie Mosnier a consacré son parcours aux maladies infectieuses et tropicales, aux maladies émergentes et à la santé des populations vulnérables.
Après plusieurs expériences en Guyane et à Marseille, puis près de trois années au Cambodge comme experte technique internationale pour l’ANRS | MIE, elle a rejoint en avril 2025 le service des Maladies infectieuses du CHU de La Réunion et l’UMR PIMIT.
Sa nomination doit renforcer les liens entre soins, recherche, santé publique et formation. Dans le contexte de l’épidémie récente de chikungunya, elle coordonne notamment l’étude CHIK-RE-VAC, qui évalue l’efficacité en vie réelle de la vaccination contre cette maladie à La Réunion.
Ses travaux portent également sur le VIH et la PrEP, les hépatites virales, la santé communautaire et la santé des migrants. Elle souhaite développer les collaborations entre le CHU, l’Université, le Centre d’investigation clinique (CIC), PIMIT ainsi que les réseaux nationaux et internationaux afin de renforcer la recherche sur les maladies infectieuses tropicales et émergentes.
La Pre Phuong Lien Tran, professeure en gynécologie-obstétrique spécialisée en chirurgie gynécologique, poursuit au CHU de La Réunion ses activités cliniques et de recherche en oncologie gynécologique.
Son projet hospitalo-universitaire vise notamment à contribuer à l’élimination du cancer du col de l’utérus à La Réunion. Elle souhaite également renforcer son investissement dans la formation et la transmission auprès des étudiants, des internes et des jeunes médecins.
Sa nomination doit contribuer au développement de l’expertise du CHU en matière de santé des femmes, avec une ouverture sur les enjeux de santé publique et de coopération dans l’océan Indien.
Originaire de La Réunion, le Dr Vincent Balaya a effectué ses études de médecine à Nice avant d’être nommé, en 2011, interne des Hôpitaux de Paris, major de sa promotion en gynécologie-obstétrique. Il s’est ensuite spécialisé dans la chirurgie des cancers de la femme.
Ses travaux sur la préservation nerveuse et les complications de la chirurgie du cancer du col de l’utérus lui ont valu deux médailles d’argent, décernées par l’Internat des Hôpitaux de Paris et la Faculté de Médecine de Paris. Après une expérience hospitalo-universitaire à l’Hôpital Européen Georges-Pompidou et une formation au CHUV de Lausanne, il est revenu à La Réunion en 2023 pour rejoindre le CHU. Nommé MCU-PH au 1er septembre 2026, il entend renforcer l’accès aux soins en oncologie gynécologique, notamment dans les secteurs Nord et Est.
Il mène parallèlement des recherches sur les inégalités de santé, avec une thèse consacrée à l’impact des facteurs socio-économiques et géographiques sur la prise en charge et la survie des cancers gynécologiques pelviens à La Réunion. Auteur de plus de 70 publications, il souhaite également développer les coopérations en santé, formation et recherche avec les pays et territoires de l’océan Indien.
Le Dr René Bun a rejoint en 2021 le service de Santé publique du CHU de La Réunion, en lien avec l’Inserm Centre d’investigation clinique 1410, comme chef de clinique-assistant. Titulaire de deux masters en santé publique et pharmacologie clinique, ainsi que d’un doctorat d’université en épidémiologie de Sorbonne Université, il travaille à la croisée de la recherche clinique, de l’épidémiologie et de la santé publique.
Ses recherches portent notamment sur les maladies chroniques et métaboliques en contexte insulaire, les disparités de santé, la prévention auprès des populations vulnérables et l’analyse des données de santé. Il est investigateur principal de l’étude Prevadiabrun, consacrée au prédiabète et au diabète à La Réunion, ainsi que de l’étude Presas, qui évalue le Service Sanitaire. Ses travaux ont donné lieu à une quinzaine de publications internationales.
Entre 2022 et 2025, il a également assuré plus de 500 heures d’enseignement auprès d’étudiants en médecine, soins infirmiers, maïeutique et master IPA, dont il coordonne le parcours pédagogique. Sa nomination doit renforcer la dynamique universitaire du CHU et de l’UFR Santé de Saint-Pierre ainsi que la recherche en santé publique dans l’océan Indien.
Médecin et chercheuse, la Dre Mathilde Simonson est titulaire d’un doctorat en médecine et d’un doctorat en sciences. Elle a suivi un double cursus médecine-sciences à l’Université Paris Descartes, complété par un master 2 en physiologie et physiopathologie à l’Université Pierre-et-Marie-Curie.
Après son internat au CHU de Clermont-Ferrand et une thèse portant sur le lien entre muscle et microbiote dans la cachexie cancéreuse, elle a rejoint le CHU de La Réunion en 2022 comme cheffe de clinique-assistante auprès de la Pre Estelle Nobécourt. Ses travaux se sont notamment développés autour de la lipodystrophie et du risque cardiovasculaire.
Ses projets de recherche portent sur l’exploitation des données des patients suivis dans la filière régionale PRISIS, consacrée aux pathologies rares de l’insulinorésistance et de l’insulinosensibilité. L’objectif est d’améliorer la compréhension et la prise en charge de ces pathologies, tout en transposant ces travaux à la population générale exposée au risque de diabète.
Les nominations des PU-PH et MCU-PH du CHU et de l’UFR Santé de La Réunion suivent une procédure associant plusieurs instances universitaires et hospitalières. Le processus débute par un avis « pré-CNU » du Conseil National des Universités, portant notamment sur les prérequis académiques, la thèse de sciences, l’habilitation à diriger des recherches, la mobilité et les publications du candidat.
Le dossier passe ensuite devant la Commission Paritaire Hospitalo-Universitaire (CPHU) locale, qui évalue l’adéquation du parcours et du projet avec les besoins conjoints de l’hôpital et de la faculté en matière d’enseignement et de recherche. Une consultation de la Commission Médicale d’Établissement (CME) et une délibération du Conseil d’UFR précèdent la demande d’ouverture du poste auprès des ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur.
Après publication du poste au Journal officiel et audition devant le CNU, une dernière approbation du Conseil d’UFR est nécessaire. La nomination des PU-PH est prononcée par décret du Président de la République, tandis que celle des MCU-PH intervient par arrêté conjoint des ministres chargés de l’Enseignement supérieur et de la Santé.
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