
Le gouvernement a détaillé, le vendredi 11 septembre 2026, de nouvelles mesures de réduction des dépenses de l’État pour un montant de 1,3 milliard d’euros. Ces économies doivent contribuer au financement du plan d’urgence agricole d’un milliard d’euros et au contrôle des finances publiques. Elles toucheront notamment les politiques de l’énergie, de l’emploi et du très haut débit.
Le dispositif repose sur 500 millions d’euros de crédits annulés par décret publié au Journal officiel et sur le « surgel » de 783 millions d’euros supplémentaires. Ces derniers crédits sont rendus indisponibles à titre conservatoire et seront, de fait, annulés s’ils ne sont pas débloqués avant la fin de l’année.
Ces mesures s’inscrivent dans les 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires annoncés en juillet par Matignon lors d’un comité d’alerte sur les finances publiques. Elles doivent également financer en partie le plan d’urgence agricole annoncé début septembre pour soutenir un secteur touché par les épisodes de canicule et de sécheresse.
Sur les 4 milliards d’euros d’économies à trouver, 1,3 milliard sont donc désormais détaillés.
« De nouvelles mesures de redressement seront prises au cours des prochaines semaines, sur l’État et la Sécurité sociale, pour tenir compte des différentes crises qui nous frappent et tenir la dépense de l’État », indique Bercy.
En avril, le gouvernement avait déjà annoncé 6 milliards d’euros de nouvelles coupes budgétaires, reposant elles aussi principalement sur des annulations et des gels de crédits. En cumulant les annonces d’avril et celles intervenues depuis l’été, le gouvernement a ainsi annoncé 10 milliards d’euros d’économies supplémentaires en cours d’année.
« Il y a une chose qu’on a bien fait quand même depuis deux ans, c’est le pilotage au cordeau de notre exécution budgétaire », a déclaré Roland Lescure, ministre de l’Économie, le 11 septembre.
Parmi les 500 millions d’euros de crédits annulés, la mission « Écologie, développement et mobilité durable » perd 157 millions d’euros. L’essentiel de cette réduction, soit 142 millions d’euros, concerne le service public de l’énergie (SPE).
Les charges de service public de l’énergie servent notamment à financer certaines missions assurées par EDF, dont le rachat à tarif bonifié de l’électricité produite à partir de sources renouvelables et la péréquation tarifaire dans les territoires d’Outre-mer.
Bercy explique cette baisse par l’évolution des prix de l’électricité sur les marchés : leur hausse entraîne mécaniquement une diminution des charges de service public de l’énergie.
La mission « Travail et emploi » fait également partie des principales politiques touchées par les annulations de crédits, avec une réduction de 95,5 millions d’euros. Bercy précise que ces crédits n’étaient pas programmés dans l’exécution et avaient été conservés comme marge de précaution pour répondre aux éventuels aléas de gestion.
Le ministère estime que leur annulation doit permettre d’éviter une hausse imprévue des dépenses tout en préservant les moyens destinés aux politiques considérées comme prioritaires.
Les principaux « surgels » annoncés concernent notamment :
Ces nouvelles économies ne permettront toutefois pas au gouvernement d’atteindre l’objectif fixé dans le budget 2026, qui prévoyait de limiter le déficit public à 5 % du produit intérieur brut. Cette cible « n’est plus une option », a reconnu Roland Lescure lors d’une conférence de presse le 11 septembre.
Le ministre de l’Économie a parallèlement revu à la baisse la prévision de croissance française pour 2026. Le gouvernement anticipe désormais une progression du PIB de 0,5 %, contre 0,7 % précédemment.
Source : AFP - memento.re


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