
Trois mois après son lancement, la grande cause régionale consacrée à la lutte contre les drogues et le narcotrafic réunit ses partenaires pour mesurer le chemin parcouru et préparer la suite. Ce mercredi 16 septembre, les signataires du plan Zéro drogue, La Réunion dit non se retrouvent à l’hôtel de préfecture de Saint-Denis.
Lancée le 26 juin dernier lors d’une conférence régionale organisée à l’Université de La Réunion, devant près de 600 personnes, la mobilisation repose sur trois leviers annoncés comme complémentaires, "prévention, répression et communication". La préfecture indique que le dispositif rassemble désormais "plus de 32 structures signataires, issues de la société réunionnaise", parmi lesquelles des institutions, des entreprises et des représentants de la société civile. Le lancement officiel du 26 juin avait donné lieu à la signature d’une déclaration commune par les autorités représentatives.
Pour le préfet de La Réunion, Patrice Latron, cette diversité des participants constitue précisément l’une des forces de la mobilisation. Entreprises, bailleurs sociaux, professionnels de l’éducation et de la santé, associations, acteurs sportifs, responsables publics et créateurs de contenu sont appelés à prendre leur part. Dans son intervention, le représentant de l’État a insisté sur l’urgence d’une réponse collective face à la progression des consommations et des trafics. "Nous avons encore le temps d’agir, mais nous n’avons plus le temps à perdre", a-t-il lancé devant les participants.
L’assemblée doit désormais permettre de passer des engagements aux réalisations. Patrice Latron souhaite notamment que chaque partenaire puisse présenter les actions qu’il entend conduire d’ici la fin de l’année 2026. Pour le préfet, l’État doit assurer ses missions de protection, de prévention et de lutte contre les réseaux tout en accompagnant les initiatives venues du territoire. La démarche entend ainsi favoriser les coopérations entre des acteurs qui, jusqu’ici, ne travaillaient pas nécessairement ensemble.
Le monde économique a déjà commencé à se mobiliser. Le 7 septembre, une rencontre dédiée aux entreprises a notamment présenté plusieurs outils de sensibilisation et la déclinaison réunionnaise de la démarche ESPER avec la charte LESPWAR. Celle-ci doit permettre aux employeurs de développer des actions de prévention des conduites addictives dans le cadre professionnel.
Ce mercredi, les premiers signataires de cette charte doivent officialiser leur engagement. L’enjeu consiste notamment à mieux informer les salariés, faciliter la prévention et permettre aux entreprises volontaires de construire leurs propres plans d’action avec l’appui des organismes compétents.
La rencontre doit également servir à dresser un premier bilan des initiatives engagées depuis juin et à déterminer les prochaines actions. Le communiqué évoque la volonté de "faire de la lutte contre les drogues et le narcotrafic une démarche durable, impliquant l’ensemble de la société réunionnaise".
Après le temps du lancement vient donc celui de la mise en œuvre. La préfecture entend multiplier les relais dans la société réunionnaise afin que la prévention ne demeure pas uniquement une affaire de pouvoirs publics. Un message que Patrice Latron résume par une responsabilité partagée entre l’État, les familles, les entreprises, les associations et tous ceux qui peuvent agir au contact de la population.
Les partenaires mobilisés
Plusieurs grandes entreprises et acteurs économiques réunionnais participent à la mobilisation contre les conduites addictives et les trafics de drogues. Parmi les partenaires présents figurent Crédit Agricole, BNP Paribas, Groupe CRC, Groupe Ravate, Groupe Leclerc Excellence, Etiq Océan, Offital, Newrest Réunion, RAA – Réunion Air Assistance, Automobiles Réunion GBH, SHLMR et LEAL.
Mémento


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